Massimo Busacca, 40 ans, est le premier Suisse à recevoir la distinction de meilleur arbitre de football du monde, attribuée pour la 23e fois. Il devance l’Italien Roberto Rosetti, premier en 2008, et l’Anglais Howard Webb.

Longuement interviewé hier soir dans Forum sur La Première de RSR en compagnie d’un autre arbitre célèbre, le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba, le Bellinzonais Massimo Busacca a été désigné meilleur arbitre du monde en 2009 par la Fédération internationale d’histoire et de statistiques du football (IFFHS), basée à Bonn. Les spécialistes de 39 des 81 pays ayant pris part à ce vote ont placé en numéro un celui qu’on retrouvera en Afrique du Sud dès le 11 juin avec Rosetti et Webb, signale The Canadian Press. Et ce qui est en jeu maintenant, c’est la finale du Mondial, écrit ­laRegioneTicino, qui consacre un long article au lauréat: «Busacca devrait entrer dans le cercle étroit des favoris», sauf si… la Nati se trouve sur la pelouse le 11 juillet, ce que quelques langues ironiques bien pendues ne manqueront pas d’ajouter.

«La FIFA, qui récompense le meilleur joueur, ne s’est pas lancée dans cet exercice périlleux» consistant à classer les arbitres internationaux, relève pour sa part ­Québec Soccer, «même si officieu­sement elle devra opérer un choix important» pour désigner celui qui arbitrera la finale du Mondial sud-africain. Le site canadien fait aussi remarquer que l’IFFHS est «réputée pour ses classements intéressants de toutes sortes, et bien considérés dans le monde du ballon rond».

C’est donc «une année pleine d’émotions pour l’arbitre qui a œuvré lors de la finale de la Ligue des champions entre Manchester United et Barcelone en mai 2009 au stade olympique de Rome». Mais qui comprend aussi «des moments moins heureux, tempère le site Ticinonline, comme sa réaction épidermique [un doigt d’honneur] face à un groupe de supporters de Young Boys qui l’avaient insulté au cours d’un match de Coupe de Suisse». Busacca a été désigné «malgré ce Stinkefinger», lit-on sur le site de la Télévision autrichienne, geste qui lui avait valu d’être suspendu pour trois matches et qui est qualifié d’«obscène» par USA Today. On peut le revoir sur les images de la Télévision suisse italienne via YouTube, les explications du «coupable» en prime.

«Dans un premier temps, personne n’avait fait attention au geste de l’homme en noir, indiquait L’Equipe en septembre dernier. C’est le journal SonntagsBlick qui a rendu publique cette affaire en publiant une photo de l’incident.» Avec un point d’exclamation, le Blick qualifiait d’ailleurs jeudi la récompense attribuée au Tessinois de «Wahnsinn!» (un truc insensé) et de «baffe retentissante» aux fans du club bernois; il donne aussi la parole à quelques lecteurs outrés. Busacca aurait également été impliqué dans une autre controverse, rappelle quant à lui El Comercio Perú: témoin archidouteux, une vidéo a circulé qui l’avait montré urinant sur le terrain lors d’un match entre les clubs qataris d’Al-Khor et d’Al-Gharafa, diffusée sur Internet. Mais «apparemment, c’était un faux», et l’arbitre a démenti.

Quant au site hexagonal Football.fr, il lui semble enfin plus important de signaler «qu’aucun arbitre français ne figure dans les 26 «hommes en noir» classés, et que le Suédois Martin Hansson, qui dirigeait le fameux France - Irlande et qui n’avait pas vu la main de Thierry Henry, est 18e»!