Que dire au terme de la 9e étape du Tour, remportée dimanche à Tarbes par le Français Pierrick Fedrigo? Rien, sinon bravo à lui. Il était entendu que les prétendants à la victoire finale ne bougeraient pas une oreille, puisque les deux cols du jour – Aspin et Tourmalet – se situaient loin, très loin de l’arrivée. Du coup, si l’on excepte les 21 secondes grappillées par Alberto Contador vendredi en Andorre, tout le monde aura sagement campé sur ses positions. Un triptyque pyrénéen qui se mue en round d’observation, voilà qui met un sacré coup de pied aux fesses de la légende...

A écouter les experts, il ne faut rien attendre de cette fichue course avant l’arrivée dans les Alpes dimanche prochain. Toute une semaine pour dresser un bilan, ça fait longuet; aussi, n’attendons pas. Derrière le maillot jaune prétexte de Rinaldo Nocentini, les cadors se liment les ongles en attendant de sortir les griffes. On trouve, dans l’ordre, Alberto Contador (à 6’’), Lance Armstrong (à 8’’), Levi Leipheimer (à 39’’), Bradley Wiggins (à 46’’) et Andreas Klöden (à 54’’) – à part Wiggins, tous appartiennent à l’armada Astana, invincible sur le papier.

Et sur la route, peut-on s’attendre à un miracle susceptible de désarçonner la puissance kazakhe? Andy Schleck, 9e à 1’49 de Nocentini, s’est dit prêt à user des deux baguettes magiques qui lui servent de jambes dans les Alpes. Son panache et le concours de son frère Frank (13e à 2’25) suffiront-ils au grimpeur luxembourgeois? Pas évident.

Cité parmi les papables au départ, Denis Menchov, 28e à 5’02, a déjà abdiqué. Quant à Cadel Evans, 18e à 3’07, il n’est pas loin d’avoir perdu la tête, comme l’indique sa tentative désespérée et vite annihilée samedi. Reste Carlos Sastre, lauréat l’an passé. Mais l’Espagnol, 16e à 2’52, paraît un peu seul dans son équipe Cervelo. Bref, c’est tapis rouge pour Contador, le meilleur grimpeur... à moins que son «coéquipier» Armstrong ne parvienne à lui mettre des bâtons dans les roues.