La fête devait être belle à Vancouver. La majorité des 18 561 veinards à disposer d’un sésame s’étaient préparés à fêter une victoire du Canada pour oublier la relative déception consécutive à la victoire à l’arraché obtenue contre la Suisse (3-2 tab). Sans doute galvanisés par l’atmosphère électrique, les joueurs locaux ont rapidement pris le match à leur compte en imposant une pression constante sur le but de Ryan Miller. «C’était probablement l’un des plus grands matches auquel j’ai pris part durant ma carrière», osait le gardien américain auteur de 42 arrêts. Rafalski montre la voie

Malgré leur très nette domination (19 tirs à 6), les Canadiens étaient menés 2-1 après vingt minutes de jeu. Alerté à six reprises seulement, Martin Brodeur a capitulé deux fois sur des envois de son ancien coéquipier à New Jersey Brian Rafalski. L’attaquant des Detroit Red Wings en est actuellement à quatre buts lors de ce tournoi. «Il m’a fallu une soixantaine de matches de NHL pour arriver à ce total. Je ne sais pas ce qui se passe ici», rigole-t- il. «Nous sommes conscients de pouvoir battre tout le monde et, en ce sens, cette victoire est parfaite pour que la confiance du groupe grandisse petit à petit avant de disputer notre quart de finale.»

Lors de la deuxième reprise, Dany Heatley égalisait rapidement en exploitant parfaitement un rebond concédé par le portier Ryan Miller. Incapable de virer en tête, le Canada a une nouvelle fois laissé les Etats-Unis prendre l’avantage par Chris Drury (37e, 2-3). Durant le dernier tiers-temps, les Américains ont su museler les lignes canadiennes emmenées par un Sidney Crosby moins tranchant qu’à son habitude. Le joueur des Pittsburgh Penguins a tout de même réduit la marque (57e, 3-4), mais les Américains ont pu sceller le score dans la cage vide par l’intermédiaire de Ryan Kesler. Brodeur sous pression

Contre toute attente, le Canada sera donc forcé de jouer un match supplémentaire. Un huitième de finale face à l’équipe d’Allemagne, dernière de son groupe. «Evidemment, ce n’est pas où nous voulions nous trouver après ces trois matches, avouait Sidney Crosby. Désormais nous y sommes et nous devons être prêts à jouer.» Discours similaire du côté de Jarome Iginla: «Si vous m’aviez demandé avant le tournoi, j’aurais pensé que nous n’aurions pas besoin de jouer ce match. Nous devrons désormais faire en sorte de ne pas répéter les mêmes erreurs.»

Martin Brodeur est peut-être le seul Canadien trouvant un avantage à ce match supplémentaire consécutif à un tour préliminaire qui ressemble à un fiasco: «Je déteste le dire, mais j’ai bien l’impression qu’il nous avons besoin de cette rencontre pour apprendre à mieux jouer ensemble. Finalement, c’est peut-être un mal pour un bien.»

Le dernier rempart des New Jersey Devils se trouve actuellement sous pression après avoir capitulé quatre fois sur les vingt-deux tirs reçus lors de ce troisième match. En concurrence avec le Québecois, le portier des Vancouver Canucks Roberto Luongo préfère éviter toute polémique: «Cette décision ne me concerne pas. Je suis ici pour représenter le Canada et non pour Roberto Luongo.»