Fabian Cancellara ne sera pas champion du monde sur route. Du moins pas cette année sur le tracé très piégeux du Mendrisiotto. Détenteur, depuis jeudi, de son 3e titre planétaire du contre-la-montre, le Bernois n’avait pas caché ses ambitions de remporter également la course en ligne. Echec, en dépit d’un formidable dernier tour du circuit de 13,8 km (262,2 km au total), fait d’attaques à répétition et de descentes à une allure vertigineuse.

Sans doute trop esseulé – il n’avait plus aucun coéquipier suisse à ses côtés – «Spartacus» a dû s’avouer vaincu par un vieux renard du bitume, l’Australien Cadel Evans (32 ans), accompagné sur le podium de Mendrisio par le Russe Alexander Kolobnev et l’Espagnol Joaquin Rodriguez. Cancellara terminera, lui, cinquième. Il est resté quelque peu empêtré dans le piège espagnol. Alors que Cadel Evans avait attaqué à 5 km de l’arrivée dans la dernière côte – lui que l’on a souvent accusé de n’être qu’un «suceur de roues» –, ses deux compagnons d’échappée, Kolobnev et Rodriguez, n’ont pu le suivre. Derrière, Cancellara se trouvait marqué de près par les Espagnols Samuel Sanchez et Alejandro Valverde. Ils n’ont jamais voulu prendre le relais alors que leur compatriote Rodriguez était incapable de rejoindre Evans. Comme le champion du monde du contre-la-montre avait déjà beaucoup donné, il ne pouvait plus aller seul rejoindre les trois hommes de tête.

Cadel Evans est donc le premier Australien a conquérir le titre mondial sur route. Le coureur de l’équipe Silence-Lotto, qui n’est pas connu pour ses qualités d’attaquant, a cette fois placé un démarrage décisif. Il a su réagir quand Kolobnev s’est détaché entre les deux côtes du parcours. L’Australien, véritable «Poulidor des temps modernes», qui a cumulé un nombre important de places d’honneur dans les grandes courses (2e aux Tours de France 2007 et 2008, 3e du Tour d’Espagne 2009), touche enfin au Graal. Le vainqueur du Tour de Romandie 2006, qui réside à Lugnorre, dans le canton de Fribourg, a fêté au Tessin le succès le plus significatif de sa carrière, apportant au passage le plus cinglant des démentis à ses détracteurs.