Le forfait de Janka était attendu. Il avait fait part de ses doutes après le super-G de mercredi (7e), à l’issue duquel il s’était dit «sans forces». Jeudi pour le premier entraînement de la descente, il a bouclé son pensum au 23e rang à près de quatre secondes du meilleur chrono de Christof Innerhofer (It).

Comme souvent cette saison, le tenant de la Coupe du monde est apparu exténué après sa descente, peinant à reprendre son souffle et restant longtemps plié en deux dans l’aire d’arrivée.

Trouble cardiaque

Refusant de parler devant les médias, Janka a laissé Swiss-Ski annoncer son forfait. La Fédération est toutefois allée plus loin en dévoilant un part du mystère concernant l’état de santé de son coureur.

Dans un communiqué, Swiss-Ski a expliqué que des examens ont révélé en décembre dernier «des variations de la fréquence cardiaque» chez le coureur (arythmie). Ces troubles se traduisent par une baisse de ses capacités physiques et de récupération.

Selon le docteur de Swiss Olympic Christian Schlegel, «il est possible que ces variations soient des conséquences tardives de l’infection virale» dont a été victime Janka ces deux derniers étés. Comme il n’y a pas de danger pour sa santé, le Grison a décidé, en accord avec plusieurs cardiologues, de repousser à la fin de la saison les traitements et examens approfondis sur son mystérieux mal.

Swiss-Ski a expliqué avoir tu jusqu’ici cette information «pour ne pas engendrer un stress et une agitation inutiles durant la préparation des courses.» On peut alors se demander pourquoi la Fédération a livré cette information maintenant, une semaine avant la course la plus importante de la saison de son champion...

Innerhofer a la «frite»

A l’opposé de Janka, Christof Innerhofer pète le feu. Au lendemain de son titre en super-G, l’Italien a écrasé la concurrence lors de ce premier entraînement en descente. Le coureur de Brunico a largué son dauphin norvégien Aksel Lund Svindal à 1’’05.

Quatrième, Didier Cuche a perdu 1’’82. «Je ne suis pas vraiment surpris de mon retard», a commenté le Neuchâtelois. «Je me suis relevé très tôt (réd: une dizaine de secondes avant la ligne) pour ne pas faire un bon temps. Mais il n’est presque plus nécessaire de se relever au vu de la ’frite’ de Innerhofer», a-t-il ajouté.

Cuche a aussi été dérangé par un morceau de plastique de la feuille de protection de ses lunettes. «Il a commencé à voler à l’intérieur de mes lunettes. C’était très déstabilisant», a raconté le skieur des Bugnenets.

Hoffmann et Feuz qualifiés

Comme la veille en super-G, les coureurs ont souligné les difficultés d’un tracé verglacé, parsemé de bosses et disputé dans l’ombre. «Lutte» (selon Cuche), «conditions extrêmes» (Ambrosi Hoffmann) ou «lignes impossibles à tenir» (Beat Feuz) ont été quelques-unes des réactions des skieurs. Silvan Zurbriggen, 18e de l’entraînement, a parlé d’un «tunnel du début à la fin» en référence à la mauvaise visibilité.

Les forfaits de Janka, mais aussi de Patrick Küng (malade), ont fait le bonheur de Hoffmann et Feuz (respectivement 15e et 16e jeudi). Le Grison et le Bernois, qui devaient disputer une sélection interne, se retrouvent directement qualifiés pour le grand rendez-vous de samedi.