«Je ne sais pas comment j'ai fait, le niveau de jeu, le niveau du match était...». Après une longue et respectueuse étreinte avec Jannik Sinner, qu'il venait d'éliminer au terme d'une bataille de cinq sets et 5h15 de jeu (6-3 6-7 6-7 7-5 6-3), Carlos Alcaraz n'avait plus les mots. Et plus beaucoup de force. Il était 2h50 du matin à Flushing Meadows, où jamais dans l'histoire du tournoi, un match ne s'était terminé au-delà de 2h26.

Le jeune Espagnol peut écrire l'histoire dans ce tournoi où il s'est révélé au plus haut niveau l'an dernier. A 19 ans, il affrontera vendredi l'Américain Frances Tiafoe (26e) pour tenter de se hisser en finale et espérer devenir numéro un mondial lundi. L'autre demi-finale opposera le Russe Karen Kachanov au Norvégien Casper Ruud, qui peut lui aussi espérer devenir numéro un mondial. Une finale Ruud-Alcaraz

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"Frances [Tiafoe] a battu Rafa [Nadal], [Andrei] Rublev, il est en grande confiance, ça sera vraiment dur. Mais je veux profiter de ce moment, de ma première qualification en demie", a commenté l'Espagnol. Alcaraz a pris sa revanche sur Sinner (21 ans), sur dur, après avoir perdu sur le gazon de Wimbledon puis sur la terre battue d'Umag, en finale. Il dut cette fois encore sauver une balle de match. «J'ai cru en moi, en mon jeu, expliqua-t-il. Il y a toujours un espoir tant qu'on n'a pas perdu.»

Sinner-Alcaraz, futur classique

On craignait le vide que laisseraient immanquablement les départs de Federer, Nadal et Djokovic. Les bras de fer de cette année entre Sinner et Alcaraz, en 8e à Wimbledon et en quarts à l'US Open, laissent à eux seuls augurer de belles années de duels à couper le souffle.

Dans la nuit new-yorkaise, malgré la fatigue, la durée du match et l'heure avancée au-delà du milieu de la nuit, les deux joueurs ont inlassablement continué de frapper, de courir, de remettre des balles qui paraissaient intouchables, de prendre le filet d'assaut, de distiller quelques coups bien touchés au milieu de salves de lourdes frappes...

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Alcaraz a dominé la première manche en prenant trois fois le service de Sinner qui n'a récupéré qu'un service de l'Espagnol. Il a ensuite manqué beaucoup d'occasions: cinq balles de sets ratées dans la deuxième manche, puis il a servi pour le set dans la troisième à 6-5. Mais Sinner est revenu et a remporté facilement le tie break.

Alcaraz a eu le mérite de ne jamais baisser les bras. Même breaké dans la manche décisive (3-2 pour Sinner), il est immédiatement revenu et a réussi à son tour le break pour mener 5-3 et servir pour le match. Cette fois, il n'a pas laissé passer l'occasion et conclu le deuxième match le plus long de l'histoire après le Edberg-Chang de 1992 qui avait duré 5h26.