Tennis

Caroline Wozniacki remporte l'Open d'Australie et devient numéro un mondiale

Au terme d'une finale d'abord palpitante puis suffocante, la Danoise vient à bout de la résistance de Simona Halep (7-6 3-6 6-4). Elle remporte son premier titre du Grand Chelem et récupère une couronne mondiale abandonnée en 2012

La Danoise Caroline Wozniacki (27 ans) a remporté samedi à Melbourne la finale de l'Open d'Australie en dominant la Roumaine Simona Halep en trois sets (7-6 3-6 6-4) et 2h49 de jeu. Vainqueur de son premier titre majeur après deux finales perdues à l'US Open, Wozniacki détrône du même coup sa rivale de la première place du classement mondial.

La déception est cruelle pour Halep, qui échoue donc pour la troisième fois en finale de Grand Chelem. «J'ai commencé ce tournoi difficilement, avec une douleur à la cheville. Je me suis accrochée et cela m'a amené jusqu'en finale, expliqua-t-elle, un petit sourire accroché malgré tout au coin du visage. Je perds malheureusement, et c'est dur, mais la quatrième fois sera la bonne, j'espère.»

«Je suis désolée d'avoir dû gagner aujourd'hui», s'excusa (deux fois) en retour la vainqueur. Caroline Wozniacki paraissait sincère mais les champion(ne)s sont des êtres complexes, capables de tout faire pour battre celui ou celle à qui ils ou elles souhaitent par ailleurs tout le bonheur possible.

Les deux avaient le droit d'y croire

C'est souvent de l'auto-persuasion mais c'est parfois un vrai sentiment: l'impression que c'est «son» moment. Que cette finale est pour vous. Que toutes ces défaites, toutes ces déceptions, toutes ces larmes ravalées n'étaient pas vaines. Qu'il y avait un sens caché, que désormais tout s'éclaire et prend son sens. Oui, cette fois, enfin, c'est l'heure de la récompense. Problème: Wozniacki et Halep se disaient exactement la même chose. Et les deux pouvaient autant l'une que l'autre légitimement le croire.

Wozniacki, qui avait sauvé une balle de match au deuxième tour contre la 129e mondiale, la Croate Jana Fett, se retrouvera lundi officiellement numéro 1, après avoir dominé le tennis féminin mondial entre 2010 et 2012. Elle avait ensuite connu des désillusions, se retrouvant même 74e au classement WTA en août 2016. Elle avait alors entamé une lente mais régulière progression vers les sommets, au point d'arriver à Melbourne en position de tête de série numéro 2, toujours entraînée par son père, un ancien footballeur polonais.

A l'heure des discours, elle le remercia de tout ce chemin parcouru. Caroline Wozniacki eut un mot également pour son fiancé, l'ancien basketteur américain David Lee, champion NBA en 2015 avec les Golden State Warriors. «Ce matin, j'étais très nerveuse mais avec son calme et son expérience, il a su me parler.»

Deux matchs dans la finale

Il y a eu deux matchs dans cette finale. Le premier a duré deux sets et s'est terminé par un nul (7-6 pour Wozniacki, 6-3 pour Halep). Une heure quarante de tennis de très haut niveau, avec de nombreux points superbes, beaucoup plus de coups gagnants que de fautes directes, des services performants (et non flageolants) dans les moments chauds, des joueuses qui n'hésitaient pas à monter à la volée, des qualités mentales et athlétiques impressionnantes.

L'autre match, d'une durée de 71 minutes, débuta avec la troisième manche, après une pause de dix minutes accordée par l'arbitre en raison des conditions de jeu devenues très difficiles. La nuit était tombée mais la température semblait avoir fait le chemin inverse. Les mouettes rieuses venaient se percher sur le toit du stade, la chaleur était devenue épaisse, poisseuse.

Dans les tribunes, les éventails s'agitaient; les joueuses un peu moins. Le match baissa de deux tons. Malgré l'interruption de jeu, Halep et Wozniacki étaient exténuées, vidées. Privé de sa dimension athlétique qui l'avait porté à un très haut niveau, le match rouvrit la porte aux doubles fautes, aux erreurs à foison, aux breaks incessants (6 sur 10 jeux de service). A 5-4 Wozniacki, Simona Halep craquait une dernière fois sur son service. Une fois de trop.

2018, année des femmes

Cette finale clôt en beauté un tournoi féminin où l'on aura finalement vu plus de grands matchs que dans le tableau masculin. Les combats de Simona Halep contre Laurent Davis au troisième tour (15-13 dans la dernière manche) et Angelique Kerber en demi-finale (deux balles de match sauvées), la superbe opposition de style entre la force de Kerber et la grâce de Hsieh Su-wei, resteront dans les mémoires.

Avant les finales, Simona Halep avait passé plus de temps sur le court durant la quinzaine (11h35) que Roger Federer (10h50) et les deux demi-finales dames (2h20 et 1h37) avaient duré plus longtemps que les demi-finales hommes (2h18 et 1h02). Ce n'est de loin pas toujours le cas mais cette année, l'Open d'Australie aura été plus intéressant côté féminin.

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