Une ombre sportive qui glisse, jeudi soir, dans les rues escarpées de Lausanne. Pas un passant ne se retourne, sauf lorsqu’elle improvise une séance de skipping dans les escaliers de la gare ou remonte en sprintant la terrible rue du Petit-Chêne. Visiblement, Caster Semenya a besoin de se défouler.

L’athlète sud-africaine, double championne olympique du 800 m, a passé la semaine au Tribunal arbitral du sport (TAS), où son cas fait débat. Elle y est habituée, pour avoir subi remarques, critiques, moqueries et tests de féminité depuis son premier titre mondial en 2009, mais l’affaire a pris une autre tournure en 2018 lorsque la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a voulu obliger les athlètes femmes «hyperandrogènes» de faire baisser médicalement leur taux de testostérone pour participer aux compétitions internationales. Ces sportives présentant un très fort taux d’hormones sexuelles mâles sont surreprésentées dans les épreuves mêlant force et endurance (du 400 m au mile). Avantage inique, disent les unes. Don naturel, répondent les autres.