Qualifiée pour les Jeux de Sydney, Catherine Maliev-Aviolat est une bonne vivante. Malgré tout le sérieux qu'elle met dans sa préparation en vue de l'échéance olympique, la Vaudoise d'Epalinges profite de s'amuser lorsque l'occasion se présente. «Hélas, dit-elle, je n'en ai guère la possibilité actuellement. Ces temps-ci, c'est plutôt plongeon-plongeon.» Les loisirs ne lui feront plus défaut très longtemps puisque la jeune femme entend mettre un terme à sa carrière sportive après son séjour australien. «Le moment est venu de passer à autre chose, affirme-t-elle. Comme par exemple avoir des enfants avec Rouslan (ndlr: son entraîneur et mari, épousé en 1992). Ce serait trop de continuer jusqu'à la prochaine olympiade. Vous savez, il est difficile de travailler et de plonger en même temps.»

Ultime grand rendez-vous

Catherine Maliev-Aviolat enseigne en effet le sport dans un collège de Pully. «Je travaillais lorsque mon mari n'avait pas d'emploi. Depuis lors, j'y ai pris goût. Je n'envisage donc pas de quitter mon emploi, même si je travaillerai un peu moins lorsque nous aurons des enfants.» En attendant, Catherine Maliev-Aviolat se concentre sur les Jeux, son ultime grand rendez-vous sportif. «En duo synchronisé, avec Jacqueline Schneider, nous espérons nous rapprocher le plus possible du podium. En individuel, je vise au moins les demi-finales. Maintenant, une place en finale (ndlr: parmi les 12 premières) constituerait pour moi une jolie sortie. Même si les Jeux ne représentent pas un objectif en soi, mais simplement une étape de ma vie.»

Après Sydney, la boucle sera bouclée et Catherine Maliev-Aviolat – qui avait failli tout plaquer il y a deux ans parce qu'elle saturait – pourra tirer un trait sur dix-sept années consacrées au plongeon. «Avant de m'adonner à ce sport, explique-t-elle, j'avais pratiqué la gymnastique artistique pendant plus de six ans. A un moment donné, j'ai voulu tout arrêter en souhaitant poursuivre une discipline dite acrobatique. Ma mère a découvert à ce moment-là l'existence du plongeon. J'ai essayé et ça m'a plu.» Elle poursuit: «Jusqu'en 1992, je plongeais pour obtenir des résultats à titre personnel. Ensuite, j'ai continué pour l'ambiance dans la section plongeon du Lausanne-Natation. Lorsque j'arrêterai, c'est sans doute cela qui me manquera le plus. J'aime bien rencontrer les gens qui fréquentent ce sport. J'ai lié plusieurs amitiés autour des plongeoirs. J'espère que je pourrai transmettre un jour tout ce que j'ai appris aux jeunes afin qu'ils puissent connaître à leur tour ce que j'ai vécu.»

Des amitiés, Catherine Maliev-Aviolat s'en créera d'autres. Notamment parmi les gens qui se livrent au pilotage d'ULM (Ultra légers motorisés) sa nouvelle passion. Comme l'usage de ces petits avions est interdit en Suisse, elle n'hésite pas à traverser la frontière pour piloter: «Je me rends aussi souvent que possible à Pontarlier. C'est vraiment une activité qui me plaît bien.» Et ce n'est pas la seule… Elle aime aussi le cinéma, la lecture (des polars, des livres d'histoire ou des romans de science-fiction) ou encore le vélo – qu'elle pratique avec Philippe Aviolat, son père, un homme qui lui a donné le goût du sport alors qu'elle était enfant. «Ingénieur-électronicien, papa a toujours dix mille choses à faire. Alors parfois, je le distrais en l'emmenant pédaler.»

L'utile à l'agréable

Une manière de joindre l'utile à l'agréable puisque la condition physique est importante pour la pratique du plongeon. «Lorsque je travaille au collège, je consacre trois séances de deux heures et demie par semaine à mon entraînement. Je ne peux pas en faire plus, car je suis passablement fatiguée. Le reste du temps, je m'entraîne quotidiennement quatre heures et demie en essayant de m'accorder des congés le week-end. Dans tous les cas, je prends au moins une journée «off» par semaine.» L'entraînement de Catherine Maliev-Aviolat est varié: échauffement, formation acrobatique (travail à sec pour améliorer force, vitesse et explosivité), travail technique sur le plongeoir et dans l'eau. La Vaudoise répète plusieurs fois les mêmes enchaînements – elle utilise le joli terme de «drill» – pour maîtriser ses plongeons. Le tout sous le regard exigeant de Rouslan Maliev. «Quand il me félicite, je suis contente pour un mois, c'est vous dire…, lance son épouse. Pour lui, un athlète n'atteint jamais le maximum de ses possibilités. Raison pour laquelle il faut travailler et travailler encore.» Et comment se passe cette collaboration? «A la piscine, nous avons des relations athlète-entraîneur. A la maison, nous fonctionnons comme un couple tout à fait normal.»

Entraîneur des plongeurs du Lausanne-Natation, Rouslan Maliev – qui exerce en parallèle le métier de mécanicien sur machines, le plongeon ne nourrissant pas son homme – est aussi entraîneur national suisse. Il sera donc du voyage à Sydney. Pour y voir son épouse conquérir une médaille? «Evidemment, ce serait génial, considère Catherine Maliev-Aviolat. On ne se lasse jamais du succès. Surtout dans un sport où rien n'est gagné d'avance. Où il faut faire preuve d'une grande maîtrise de soi et où la moindre bourde se paie cash.»