Catherine Tanvier est pressée: elle a une revanche à prendre. Ou deux. Voire trois. Ruinée, abusée, occultée, celle que les mauvais esprits phallocrates ont baptisé «Borguinette» (tiré du suédois Borg) a sorti une biographie, Déclassée, puis une «Lettre ouverte aux pères tyranniques», publiée samedi dans l'Equipe Magazine.

A Roland-Garros, le pamphlet énerve car, tout en même temps, il houspille les mœurs du tennis féminin en incriminant la pensée dominante qui les valide, des filiations troubles au concept antédiluvien de la championne-éprouvette.

Devant cette longue procession de «joueuses aux visages impersonnels et fermés», Catherine Tanvier sonne la défaite des pères, «coaches managers compulsifs», trop occupés à regarder leur progéniture «comme un chiffre d'affaires sur pattes» pour envisager leur propre impéritie. «Ce milieu n'aime sanctifier que les meilleures. C'est un leurre de croire [...] à une vie de rêve.»

La Française rapporte une anecdote: «Je vais le dire, puisque personne n'en parle. A Roland-Garros, en 2006, j'ai été le témoin d'une scène si virulente [que] l'arbitre n'a eu d'autre recours que de faire intervenir la sécurité pour évacuer un énième père sorti de sa fonction.» Corrosive: «Le père de Marion Bartoli a [...] bien résumé cette névrose en s'attribuant la place de finaliste de sa fille à Wimbledon. Le regard tout pailleté, il a déclaré sur France 2: «Marion s'est mise à gagner parce qu'elle m'a enfin écouté!»

Pour lutter contre les pères abusifs - entre autres impostures -, la WTA a édicté une charte et instruit plusieurs enquêtes. Aucune, pour l'heure, n'a fait l'objet de poursuites judiciaires.