Football

Le cauchemar de Xamax contre Aarau

Neuchâtel Xamax a subi une terrible désillusion jeudi soir à la Maladière en s’inclinant 0-4 contre le FC Aarau, en match aller des barrages pour une place en Super League. Il faudra un miracle dimanche pour renverser la vapeur

La place de Neuchâtel Xamax dans l’élite du football suisse ne tient plus qu’à un fil. Au match aller des barrages entre l’avant-dernier de Super League et le deuxième de Challenge League, l’équipe dirigée par Stéphane Henchoz s’est effondrée jeudi soir contre le FC Aarau (0-4). Sur sa pelouse synthétique, devant les 12 000 spectateurs d’une Maladière à guichets fermés pour la troisième fois de la saison, et alors que les plus pessimistes lui promettaient une double confrontation pénible mais dont elle saurait se sortir à bon compte.

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Personne ne s’attendait à pareille débâcle. Que Xamax puisse encaisser quatre buts contre le FC Bâle, avec une équipe B sur le terrain car les titulaires étaient laissés au repos, soit. Mais contre le FC Aarau, invité de dernière minute de cette double confrontation au détriment du Lausanne-Sport? Rares sont sûrement ceux qui avaient misé une piécette là-dessus. Et pourtant: maintenant, même les plus optimistes des supporters neuchâtelois auront de la peine à imaginer un scénario permettant à leur équipe de renverser la vapeur, dimanche, au Brügglifeld. «Nous allons y aller dans l'idée de faire le meilleur match possible, de respecter nos supporters, soupirait l'attaquant Raphaël Nuzzolo après la rencontre. Mais pour l'heure, il est franchement difficile de se montrer optimiste...»

Une déroute

L’incroyable déroute se dessine dès le milieu de la première mi-temps, sur une action d’apparence anodine. Linus Oberexer progresse sur le flanc gauche de l’attaque et adresse un centre au milieu de la surface de réparation neuchâteloise. Passif, le défenseur Janick Kamber attend que le ballon vienne à lui et ne sent pas le géant Stefan Maierhofer dans son dos, qui le devance pour inscrire le 0-1 de la tête, à la 22e minute de jeu. L’erreur défensive est flagrante. Ce ne sera pas la seule. Dix minutes plus tard, Charles Pickel panique sur une rupture argovienne, il se couche et lance parfaitement l’attaquant Petar Misic, qui peut décaler son camarade Varol Tasar pour un 0-2 facile.

Stéphane Henchoz réagit. Il sort un Charles Pickel manifestement affecté, pas pour le punir de son erreur mais pour introduire un troisième attaquant: Kemal Ademi. L’entraîneur se dit sans doute qu’en revenant à la marque avant la pause, il est encore possible de changer le cours des événements. Mais le cauchemar n’est en réalité pas terminé. Dans les arrêts de jeu, Elsad Zverotic balance un ballon par-dessus la défense neuchâteloise, Petar Misic se montre plus rapide que tout le monde et inscrit le 0-3 sans trembler.

Nuzzolo expulsé

Pour les supporters neuchâtelois, la bière de la mi-temps est plus amère que d’habitude. Sans doute se disent-ils que cela ne pourrait pas être pire. Ils se trompent: à peine sorti des vestiaires, Raphaël Nuzzolo y est renvoyé par l’arbitre Stephan Klossner, en direction duquel il aurait craché, ce qu’il semble contester. Un peu plus tard, Varol Tasar signe le 0-4 après une partie de passe à dix au cœur de la défense rouge et noir. Les Neuchâtelois resteront incapables de réagir jusqu’au terme de la rencontre.

Et voilà Xamax qui abordera le match retour des barrages avec un passif de quatre buts, et sans son meilleur joueur. A moins que… Un protêt a été déposé suite à son expulsion. Et s’il aboutissait? Les espoirs de maintien tiennent aujourd’hui à ce genre de conjectures.


Raphaël Nuzzolo: «Je n'ai jamais craché sur qui que ce soit»

L'attaquant Raphaël Nuzzolo sera suspendu au match retour des barrages, dimanche, pour avoir craché sur l'arbitre. Il assure pour sa part que ce n'est pas arrivé et a été le dire à Stephan Klossner après la rencontre, dans son vestiaire, avant de venir s'expliquer devant les journalistes: «Jamais dans ma vie je n'ai craché sur quelqu'un, jamais je ne le ferai. L'arbitre l'a ressenti ainsi et il ne pourra pas revenir sur sa décision, mais je me devais d'aller lui dire, d'homme à homme, que je n'avais pas fait ça. Je suis père de famille, j'ai des valeurs. Sur le terrain, je vais parfois parler à l'arbitre dans l'intérêt de mon équipe, mais lui cracher dessus? Non, c'est impossible. C'est très frustrant d'être sanctionné pour quelque chose que je sais n'avoir pas fait, mais c'est ainsi.»

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