Football

Cedric Itten, plan B d’une équipe de Suisse bis

Vainqueur 1-0 de la Géorgie vendredi à Saint-Gall, la Nati doit assurer lundi à Gibraltar sa qualification pour la phase finale de l’Euro 2020

Toute la semaine, les suiveurs de l’équipe de Suisse de football se sont demandé ce qu’une mystérieuse bande verte était venue faire sur le nouveau maillot de la Nati. La réponse est tombée vendredi soir, tard, alors que la Suisse peinait à domicile à faire entendre raison à une vaillante équipe de Géorgie. C’était le vert de la jeunesse, le vert de l’inexpérience, le vert du FC Saint-Gall.

Le club surprise de ce début de saison en Suisse avait prêté son stade du Kybunpark pour cette rencontre qualificative du groupe D des éliminatoires de l’Euro 2020. En début de stage, le doyen du football suisse (fondé en 1879) lui a également fourni son avant-centre, Cedric Itten (23 ans), appelé pour pallier la blessure de Josip Drmic. Le bizut, qui hésita l’an dernier à arrêter le football de haut niveau après une grave blessure au genou, se fit déposer par sa copine au lieu de rassemblement. Vendredi, voyant son équipe sécher devant la cage géorgienne, Vladimir Petkovic le lança pour sa grande taille (1,89 m) et son jeu de tête. Six minutes seulement après son entrée en jeu, le néophyte reprenait parfaitement de la tête un centre de Denis Zakaria pour inscrire dès sa première sélection un but décisif (77e, 1-0).

Trop de changements contraints

Un coup de maître de Petkovic mais l’entraîneur national avait-il le choix? Cette équipe de Suisse était bien verte, décimée par les blessures. Aux absences annoncées de Xherdan Shaqiri, Breel Embolo, Admir Mehmedi, Mario Gavranovic, Steven Zuber, Fabian Schär et Timm Klose, sont venus se greffer juste avant le rassemblement les forfaits de Drmic et de Remo Freuler. A l’échauffement, c’est Haris Seferovic qui ressentait une douleur musculaire et renonçait. Et comme l’ASF avait eu l’idée d’honorer avant le coup d’envoi les jeunes retraités Valon Behrami et Gelson Fernandes, la Coupe du monde 2018 nous revenait en mémoire: par la force des choses, cette équipe a été renouvelée à 70% en dix-huit mois.

Seule la défense ressemblait à quelque chose de connu et de rassurant. C’est beaucoup pour n’importe quelle équipe, et trop pour la Suisse, qui n’a pas le réservoir de la France ou de l’Espagne. C’est trop demander également à des joueurs peu habitués à jouer les premiers rôles. Steffen, Ajeti, Vargas n’étaient plus les feux follets incorporés en fin de rencontre sans autre pression que de tenter quelque chose; ils devenaient ceux qui doivent se montrer, être constants, prendre des initiatives et des responsabilités. Cela passa contre la Géorgie, et cela devrait encore suffire lundi à Gibraltar pour le dernier match (20h45). Un point assurera la qualification à l’Euro 2020 mais trois, assortis d’un nul ou d’une défaite du Danemark en Irlande, offriraient la première place et un meilleur statut avant le tirage au sort de la phase finale, le 30 novembre.

D’ici à l’Euro, le problème du sélectionneur sera de retrouver des joueurs titulaires dans leur club. Pour l’heure, le constat est inquiétant. Sans parler de Xhaka (en disgrâce à Arsenal mais qui retrouvera facilement sa place, à Londres ou ailleurs), de nombreux piliers de la sélection ne jouent pas ou très peu: Xherdan Shaqiri a disparu de la playlist de Jürgen Klopp à Liverpool, Ricardo Rodriguez est sur la liste des transferts à Milan, Kevin Mbabu et Michael Lang ont contraint Petkovic à rappeler Lichtsteiner. Peu utilisés dans leur club, Steffen, Zuber, Drmic, Mehmedi, Gavranovic, Mvogo ou Moubandje ajoutent leur nom au casse-tête de Vladimir Petkovic.

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