C’est une formalité à laquelle les sportifs amateurs sont habitués. Avant chaque match, l’arbitre contrôle, plus ou moins distraitement, les licences qui leur permettent de prendre place sur le terrain. Lors de la saison qui s’apprête à débuter dans les différentes disciplines de salle, telles que le volleyball, le basket ou l'unihockey, il faudra désormais produire un second sésame: le certificat covid.

L’élargissement du recours au document, entériné ce mercredi par le Conseil fédéral, a des conséquences substantielles pour l’exercice du sport indoor. A compter de lundi, il faudra par exemple pouvoir apporter une preuve de guérison, de vaccination ou d’un test de dépistage récent pour pouvoir entrer au fitness.

Sur les nouvelles mesures: L’extension du certificat covid reçoit un accueil contrasté

Une exception existe pour les entraînements en groupe fixe jusqu’à 30 personnes, ce qui implique la possibilité de participer aux entraînements de son équipe sans certificat. Rien de tel n’est prévu pour les compétitions, qui mettent nécessairement aux prises des personnes ne se côtoyant pas régulièrement.

Vers une nouvelle normalité

Après une saison largement perturbée par les contaminations et les quarantaines prononcées en conséquence, les ligues professionnelles de football et de hockey sur glace avaient déjà pris l’initiative d’imposer le certificat covid à leurs joueurs, entraîneurs et membres de staff. Politique également adoptée par différents championnats élite d’autres disciplines.

Désormais, elle s’appliquera à tous les sportifs, y compris les amateurs. La handballeuse de 2e ligue ou l’espoir du basket de 18 ans devront avoir un certificat valable pour disputer leurs matchs. Plusieurs dirigeants de clubs contactés ce jeudi par Le Temps n’en avaient pas pris conscience en écoutant les dernières annonces du Conseil fédéral. «C’est pourtant exact», nous confirme-t-on du côté de Swiss Olympic.

Ce mercredi, l’association faîtière du sport national a communiqué son «soutien» à l’extension du certificat sanitaire et appelé «tous les sportifs et sportives encore non vaccinés à se faire vacciner». Du côté des instances dirigeantes, la priorité est aujourd’hui clairement établie: il s’agit de faire le maximum pour retrouver un semblant de normalité. Des compétitions qui ont lieu, vont à leur terme et accueillent du public. Si le certificat covid doit être la condition d’un retour à une certaine sérénité pour les organisateurs, alors soit.

En première ligne

Mais en va-t-il de même pour les clubs, auxquels il reviendra in fine d’exiger le sésame à leurs membres actifs? Le président du VBC Cheseaux, qui compte sept formations d’adultes dont une en Ligue nationale A féminine, ne s’en fait pas trop. «Les joueuses de notre première équipe auront besoin d’un certificat sanitaire pour aller disputer un tournoi de préparation en Italie, sans doute aussi pour leurs rencontres européennes, note Alberto Angeretti. A partir de là, elles ont vite compris comment se simplifier la vie… Je pense pouvoir dire que les 99,9% des membres de l’équipe sont vaccinés, sans que nous n’ayons obligé personne.»

L’homme ne croit pas qu’il en ira autrement dans les formations amateurs. «La tendance que j’observe, c’est que les gens ont envie de faire du sport. En règle générale, nous comptons quelques démissions et quelques arrivées chaque année mais là, en vue de la saison prochaine, nous avons enregistré près de 20 nouvelles inscriptions. Alors, y aura-t-il un ou deux départs de personnes ne souhaitant pas se faire vacciner? Peut-être. Mais aujourd’hui, nous avons besoin de sortir de l’incertitude.»

Du côté de Boncourt, où le club de basket compte une formation en première division masculine et deux autres équipes d’adultes, Grégory Franc se demande certes «qui va faire les contrôles» de certificats sanitaires avant les matchs amateurs. «Mais on fera respecter cette mesure, souligne le président. Il y a des gens compétents qui prennent des décisions pour que nous sortions tous de la crise, pour que nous puissions enfin parler d’autre chose, alors il faut leur faire confiance.»

Un bénévole à l’entrée

Dans le Jura, les entraînements de l’équipe masculine de 2e ligue viennent de reprendre, «avec 16 personnes, et toutes veulent disputer le championnat», continue le dirigeant. «Il y a une grosse attente, un besoin, même, de revivre comme on le faisait auparavant. Le certificat est une contrainte, bien sûr, le vaccin en est une aussi, comme les tests pour ceux qui n’en veulent pas, mais chacun doit assumer une part de responsabilité pour qu’on en finisse.» Et de conclure: «Cela fait une année et demie qu’on souffre sur le plan financier, qu’on demande des aides, qu’on peine à se projeter… Maintenant, il faut être optimiste et aller de l’avant!»

A l’occasion des 20 ans du club: Le BC Boncourt résiste encore et toujours

Coprésident de Floorball Fribourg, David Krienbühl est d’accord sur le principe et il espère que la généralisation du certificat sanitaire, à terme, simplifiera la vie des clubs. Car il alerte quant aux grandes responsabilités qui incombent aux comités bénévoles. «C’est un casse-tête chinois. Nous devons jongler entre les décisions du Conseil fédéral, les consignes de la fédération et nos propres contraintes, ce qui se révèle très chronophage et parfois frustrant. On s’engage dans un club par plaisir, et nous devons actuellement jouer un rôle pas très agréable.» Ainsi, il s’agira par exemple de poster quelqu’un à l’entrée de la salle pour contrôler le statut des joueurs et des spectateurs…

«La saison qui débute ne va pas sans incertitude, sur le plan des affluences aux matchs, des revenus, continue le responsable. Les gens vont-ils jouer le jeu?» Il ne peut en outre «pas exclure» que quelques membres démissionnent faute de vouloir se faire vacciner. Mais comme ses homologues de Cheseaux et de Boncourt, David Krienbühl n’est pas trop inquiet sur ce plan-là. Au sein du club se dégage déjà «une majorité claire» de personnes vaccinées et l’engouement général en vue de la reprise, imminente, est réel.