– Comment vous sentez-vous?

«Je me sens... bizarre. J’ai l’impression que c’est arrivé mais en même temps je ne sais pas.»

– C’était un match...

«Difficile! Compliqué à gérer sur le plan mental et physique. C’est comme si on avait quelque chose à prouver sur le court. Je pense qu’on a réussi à y arriver toutes les deux.»

A quoi pensiez-vous lorsque vous perdez quinze points de suite?

«Vraiment autant? Jen ai perdu tellement. Je me suis dit que j’avais au moins gagné le premier set. Je suis restée positive, je savais que j’aurais des occasions au troisième set.»

Il y avait beaucoup d’émotions à la fin du match...

«Oui, si vous regardez bien, à un moment, j’essaye même de grimper dans le box (de son clan en tribunes). Mais je sens mes muscles se pétrifier. Je me dis que jamais je pourrais hisser mon poids là-haut. J’ai alors pensé aller prendre l’ascenseur. Mais bon...»

Est-ce que c’est votre service qui vous a tirée d’affaire?

«Je n’ai pas le sentiment d’avoir servi de manière excellente. Mais j’ai bien servi quand il le fallait, notamment au premier jeu qui a duré dix minutes et qui était important. Quelques bombes au début du troisième set aussi.»

– C’est votre cinquième titre, le premier remporté une année paire...

«Moi ça m’allait très bien de gagner tous les deux ans. Là je ne sais pas ce que ça veut dire. Est-ce que je n’aurai pas le droit de gagner l’année prochaine?»

– Vous rejoignez Billie Jean King au palmarès avec douze titres majeurs?

C’est fabuleux, un tel honneur. Elle est un mentor pour moi. A un moment elle était même mon coach en Fed Cup et on avait bien rigolé. Elle est venue me voir dans les vestiaires avant le match, avec tous mes bandages.»

– Justement ces bandages, ils étaient censés protéger quoi?

«Je ne sais pas par où commencer. Je me suis fait mal aux ischio-jambiers à Sydney, puis à l’intérieur de ma jambe, toujours à Sydney. Au troisième tour ici je me suis foulé la cheville. J’ai eu mal au poignet en quarts de finale. Et, quelque part en route, j’ai eu un problème aux orteils. Mais je pense que je bougeais pas trop mal encore.»

– Jusqu’où peut aller Justine Henin?

«Loin, car aujourd’hui elle m’a poussé au niveau ultime. Elle n’a rien perdu. J’ai eu l’impression de jouer contre quelqu’un qui n’a jamais arrêté. Elle monte plus au filet qu’avant, ce qui est toujours une bonne chose.»

– Avez-vous un pronostic pour la finale messieurs?

«Je ne sais pas. Ils jouent si bien tout les deux. J’aimerais jouer ne serait-ce que moitié aussi bien. J’aime bien Andy, il bouge si bien. J’aime bien Roger aussi, il est si gentil. Je ne sais pas.»