Deuxième en Coupe du monde, cette saison, lors des 15 km libre de Santa Caterina, puis troisième de la poursuite à Brusson, le fondeur français Vincent Vittoz, 25 ans, possède un avis très tranché sur le dopage dans son sport. Pour lui, il n'y en a pas. Ou très peu. «Bien sûr, dit-il, nous avions des doutes sur certains pays marginaux comme la Finlande. Les Mondiaux de Lahti ont démontré que nous n'avions pas tort.»

«Toz», comme le surnomment ses coéquipiers de l'équipe de France, voit une grande différence entre le vélo – coupable à ses yeux d'avoir jeté la suspicion sur les sports d'endurance – et le ski nordique. «Les cyclistes courent six heures par jour pratiquement sept jours sur sept, analyse-t-il. Nous, c'est une course d'une demi-heure deux fois par semaine. Chez eux, la pression des sponsors, des marques, est énorme. Chez nous, c'est différent. Nous sommes engagés sous les couleurs d'un pays. Pas sous la bannière d'un commanditaire qui veut absolument des résultats.»

Le skieur de La Clusaz déplore ce qui s'est passé à Lahti. Il se dit tout à fait favorable au suivi longitudinal des athlètes. «Mais il faudrait qu'il soit introduit par la Fédération internationale de ski. Je suis contre le fait que chacun cuisine dans son coin. Chaque fois que le ministère m'appelle pour une prise de sang, j'y vais volontiers. Reste que je ne suis pas appelé plus d'une fois par an. Il y a encore des tas de choses à faire dans le domaine de la lutte antidopage.»

Pas de ski à deux vitesses

Pour Vincent Vittoz, il n'y a pas de ski nordique à deux vitesses. «Je ne ressens pas les choses comme ça. Personnellement, je fonctionne à l'eau claire. Je suis donc la preuve que la chose est possible. Vous pouvez me croire ou non.» Quant au manque de résultats dignes de ce nom des Français depuis quelques saisons, ils n'ont rien à voir avec une absence de dopage. «Quelques-uns de nos meilleurs fondeurs «sur l'âge» ont été engagés par des marques ou sont devenus entraîneurs. L'équipe est en reconstruction. Des jeunes arrivent gentiment et il nous faudra une olympiade pour retrouver un certain niveau, même si la France n'a jamais été une nation phare en ski nordique.»

Y. T.