Football

Qui c’est les plus forts? Evidemment, les Verts

En Europa League, Saint-Etienne remporte la première manche (3-2). Mais Bâle a préservé ses chances

Le FC Bâle ayant classé le dossier «Super League» dimanche à Grasshopper, il était tentant de jauger du potentiel réel du futur septuple champion de Suisse au banc d’essai européen. Car le doute subsiste. Bâle domine le championnat national comme jamais auparavant (15 points d’avance sur GC) alors que son effectif, qui a encore perdu Elneny (Arsenal) durant la trêve, n’a jamais semblé aussi pauvre en talent et en créativité. La classe du jeune Breel Embolo, 19 ans et déjà meilleur joueur du pays, n’explique pas tout.

Le déplacement jeudi à Saint-Etienne, en seizième de finale aller de l’Europa League, tombait à point nommé, au moins pour les suiveurs, les supporters ayant été interdits de stade par le préfet de la Loire. Les Verts proposent le même jeu physique et discipliné qui fait la différence en Suisse mais n’est qu’un minimum vital en France. L’entraîneur Christophe Galtier y ajoute sa hargne communicative et, à doses homéopathiques, un peu de technique.

A Geoffroy Guichard, le public du Forez remâche depuis quarante ans la finale perdue de 1976 contre le Bayern. A l’époque, la France avait la fièvre verte. «Sous ses yeux, la classe ouvrière mourait en chantant: «Qui c’est les plus forts?».», écrit le journaliste Vincent Duluc dans Un printemps 76 (Editions Stock). Aujourd’hui, Le Coq sportif, l’équipementier historique, est revenu orner les poitrails mais les pieds carrés ont remplacé les poteaux carrés.

En se privant d’emblée de Matias Delgado, dit «El Flaco» («le maigre», un pléonasme car «delgado» signifie déjà «mince»), Urs Fischer accepte clairement l’idée du défi physique. Mal lui en prend. A la neuvième minute, Marek Suchy veut contrôler Bayal Sall sur corner mais il se fait proprement éjecter d’une manchette et le géant sénégalais marque (1-0). Trente minutes plus tard, sur un autre corner, Kevin Monnet-Paquet devance Janko et marque de la tête (2-0).

Mais la ressource mentale est une vraie qualité et la force collective un vrai talent dans le sport de haut niveau. Juste avant la pause, Bâle bénéficie à son tour d’un corner. Le ballon arrive devant le défenseur Walter Samuel qui se couche comme un attaquant pour marquer d’une demi-volée (44e, 2-1).

Relancés, les Bâlois repartent les plus forts en seconde mi-temps. Lang manque de promptitude à l’affût d’un ballon errant (48e), puis obtient un pénalty pour une faute de main (pas déterminante) de Florentin Pogba. Janko, tranquille, prend le gardien Ruffier à contre-pied (55e, 2-2). Trois buts sur corners, un sur pénalty: Bâle continue sur balles arrêtées.

Et dans le jeu? Cinq minutes après l’égalisation bâloise, Renato Steffen rate le KO en contre. A un quart d’heure de la fin, le Stéphanois Jean-Christophe Bahebeck hérite de la même situation. Son tir croisé précis fait mouche (3-2). Au départ de l’action, un long ballon dégagé loin devant par un défenseur. Il n’y a eu aucune action construite du match. Il y en aura peut-être au retour, jeudi prochain, si Urs Fischer veut bien faire jouer Matias Delgado.

Publicité