Son pouce cassé et opéré, soutenu par une attelle légère aux couleurs helvétiques, semble n’être plus qu’un mauvais souvenir. Didier Cuche a dominé mercredi le premier entraînement de la descente – interrompu et annulé ensuite en raison de la météo – ainsi que le second qui fut, celui-ci, validé. Ses adversaires le disent, le Neuchâtelois sera l’homme à battre samedi lors de l’épreuve reine du ski alpin. Impressions du champion à quelques heures du coup d’envoi de ces Jeux olympiques.

Le Temps: Ce premier entraînement est-il de bon augure?

Didier Cuche: On a toujours envie d’aller vite et lors d’un premier entraînement, c’est important de savoir où l’on se situe, de ne pas avoir à faire des miracles en allant chercher des lignes qui ne seront pas skiables les jours suivants. C’est tranquillisant de savoir que je suis tout de suite parvenu à bien reconnaître la piste et à être dans le coup.

– Quel était votre état d’espriten arrivant au bas de la piste lorsque vous avez vu que vous étiez en tête?

– J’ai senti sur le tracé que j’étais juste, que j’avais de bonnes trajectoires et que j’étais déjà pas mal engagé. Je n’étais donc pas surpris d’être aux avant-postes. Mais, au regard de ce qui s’est passé récemment – ma chute à Kranjska Gora, une opération au pouce et un passage éclair à l’hôpital –, c’est très rassurant d’être aux avant-postes.

– Comment trouvez-vous cette piste que vous avez découverte pour la première fois mercredi matin?

– Je l’ai appréciée dès la fin de la reconnaissance. J’ai senti que j’étais sur un terrain qui me plaisait, plein de variations et de choses différentes à faire. Pour pouvoir aller vite, la lecture de la piste lors de la reconnaissance est très importante. Apparemment, ça a fonctionné.

– Qu’est-ce qui vous plaît dans cette descente?

– Je la trouve belle, très complète. Il y a vraiment de tout. Je l’assimile à un snowparc de freestyle avec de nombreux éléments. Il y a des grosses et des petites bosses, des sauts, des dévers, des passages avec plus de vitesse comme dans la partie finale, des virages longs et d’autres plus serrés, des endroits plats et d’autres très raides. J’ai vraiment pris du plaisir à skier.

– Est-ce que la météo et les risques de reports vous préoccupent?

– Il faut savoir être patient, ne pas y mettre trop d’énergie, ne pas partir tous les matins à 7h avec l’envie de tout arracher et en voulant prendre absolument le départ. J’ai presque quinze ans de Coupe du monde derrière moi. J’ai l’habitude de gérer ce genre de situations. Il y avait eu des reports aux Jeux de Nagano, et ce sera certainement encore le cas ici.

– Est-ce que vos victoires à Kitzbühel, il y a trois semaines, vous aident à aborder ces JO de manière plus détendue?

– Cela ne change pas grand-chose. Quand je suis au départ d’une course, l’envie d’aller vite est toujours là, que j’aie gagné juste avant ou pas. Et puis, tout peut basculer rapidement. La preuve, je décroche deux belles victoires à Kitzbühel et, une semaine plus tard, je me retrouve au tapis. J’aurais pu déclarer forfait pour ces Jeux. C’est comme une seconde chance de pouvoir être ici.

– Qu’est-ce que cela vous fait de savoir que la Suisse est derrière vous…

– C’est toujours une fierté de pouvoir défendre les couleurs du pays. On sent déjà un grand intérêt du public pendant la Coupe du monde. Avec les Jeux olympiques, cet intérêt monte encore d’un cran. La population est derrière nous, et c’est notre devoir d’essayer de la représenter au mieux.