Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Roger Federer avant l'US Open
© Getty Images

L’œil du court

Cet US Open est la levée du Grand Chelem la plus étrange depuis dix ans

Les absences des uns et les méformes des autres font de Roger Federer le favori du tournoi new-yorkais qui débute lundi, estime Marc Rosset dans sa chronique pour «Le Temps»

A l’US Open, il manquera les cinq joueurs classés aux cinq premières places à l’ATP en début d’année: Andy Murray, Novak Djokovic, Milos Raonic, Stan Wawrinka, Kei Nishikori. Tous blessés. Cette levée du Grand Chelem s’annonce comme la plus étrange depuis dix ans! S’il arrive quelque chose à Rafael Nadal ou Roger Federer, tous les autres vont y voir la chance de leur vie, un peu comme le dernier Roland-Garros chez les filles.

La saison 2017 est intéressante, mais pas pour les raisons que l’on pouvait imaginer en début d’année. Aucun tournoi n’a réussi à recréer l’atmosphère fabuleuse de l’Open d’Australie. Depuis, on reste un peu sur notre faim. Les nombreuses absences et blessures qui émaillent les tournois y sont pour beaucoup. Mais l’inconstance des Raonic, Kyrgios, Dimitrov, Nishikori, Monfils, Tsonga est assez décevante. Ils ne bousculent pas le Big 4 et je ne sais pas s’ils le feront un jour. Dimitrov a gagné Cincinnati mais avec tous les forfaits enregistrés, c’était plus une épreuve ATP 500 qu’un Masters 1000.

Si 2017 doit être une saison de transition – on ne le saura que dans un an ou deux – c’est peut-être plus pour la génération suivante, celle des Zverev, Kachanov, Rublev.

Federer ou Nadal?

Alors que l’on pouvait s’attendre à une lutte à trois ou quatre pour la place de numéro 1 mondial, ils ne sont plus que deux à pouvoir l’obtenir en fin d’année: Roger Federer et Rafael Nadal. C’est Rafa qui s’en est saisi le premier mais je pense que Roger est le mieux placé pour l’obtenir en fin de saison, ce qui reste le principal objectif quoi qu’ils en disent. Etre numéro 1 en fin d’année, c’est le rester dans les statistiques, c’est figurer sur la couverture du guide officiel de la saison suivante; quand même autre chose que de l’être du 15 juillet au 3 août.

C’est comme la Race: qui s’en souvient vraiment? Quel journal a titré sur Nadal numéro 1 à la Race au printemps? Par contre, tout le monde s’est enthousiasmé, à juste titre, lorsqu’il est devenu le leader du classement ATP.

On a revu un très grand Nadal à Roland-Garros mais sinon, je trouve qu’il n’est plus aussi dominateur que par le passé. Sa tournée américaine a jusqu’ici été assez moyenne. Il a pourtant essayé d’engranger le maximum de points parce qu’il sait que la fin de saison avantage Federer. Nadal a souvent de la peine physiquement en seconde partie de saison et il fait un blocage en indoor: il pense que ça va trop vite pour son jeu alors que ça ne va pas si vite que ça…

Le favori de l’US Open

Je fais de Roger Federer mon favori pour cet US Open et la place de numéro 1 mondial en fin de saison. Il n’a que 321 points de retard sur Nadal alors qu’il entre dans la partie du calendrier qu’il aime le plus. Si son dos tient, je ne le vois pas manquer cette nouvelle opportunité de marquer l’histoire.

En temps normal, l’US Open est déjà un tournoi spécial. C’est très grand, il y a beaucoup de bruit et les conditions de jeu sont difficiles parce qu’il fait souvent très chaud et humide. Il faut s’y préparer en programmant de grosses séances d’entraînement sous le cagnard.

Je me rappelle que Roger Federer avait été interviewé l’an dernier sur le fait que beaucoup de joueurs avaient des crampes. Il avait répondu que c’était un tournoi qui exigeait d’arriver très bien préparé. Cela m’avait fait un peu rire parce que lui joue tranquille en demi-volée pendant que ses adversaires font l’essuie-glace au fond du court.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo sport

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Les athlètes suisses reviennent des European Championships de Glasgow/Berlin, qui réunissaient les épreuves de sept fédérations, avec dix-neuf médailles. Retour en images sur les cinq performances les plus marquantes

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Switzerland's Lea Sprunger reacts after winning the women's 400m Hurdles final race during the European Athletics Championships at the Olympic stadium in Berlin on August 10, 2018. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL
© JOHN MACDOUGALL