Tout comme la critique est souvent constructive, la défaite peut être positive. Lorsqu'elle empêche de tourner en rond. Lorsqu'elle nourrit la motivation. Peter Holmberg, le barreur d'Alinghi, en est convaincu: «Je n'aime pas perdre. Mais à ce stade, c'est-à-dire à un an de la Coupe de l'America, une victoire aisée ne nous aurait pas rendu service, confie l'Américain au Temps. Cette défaite sera bénéfique en ce sens qu'elle va nous apporter la dose nécessaire de faim et de rage (ndlr: hunger and anger dans le texte) pour être prêts le moment venu.»

A l'heure où un sentiment de réplétion commençait à être ressenti par de nombreux observateurs, la domination d'Emirates Team New Zealand dans le Louis Vuitton Act 12, - vainqueur par 2-1 en finale contre Alinghi -, fait du bien. Parce qu'elle relance le suspense que l'on croyait perdu. Parce qu'elle fait l'effet d'une piqûre de rappel pour un Défi suisse opulent que les succès à répétition pouvaient menacer d'indolence. A y regarder de plus près cette déception - parce que même si elle est enrichissante, cela en est une - n'a en revanche rien d'alertant. Rappelons-le, Alinghi utilisait, pour ces régates SUI 75, un Class America de 2003 alors que la concurrence voguait sur des étalons de la nouvelle génération. Rappelons aussi que les Suisses ont battu Oracle BMW Racing lors du Round Robin et Luna Rosa en demi-finales. «Le fait d'être dans le coup avec notre «vieux» bateau est plutôt rassurant. Et nous enseigne qu'il n'y a, pour l'instant, rien d'inquiétant à signaler dans les performances des nouveaux bateaux adverses», souligne encore Peter Holmberg. Et, contrairement aux Challengers, Alinghi n'a que faire des points attribués au cours de ces Acts.