Le Temps: La presse anglaise attaque Paris avec virulence sur «l'affaire Guy Drut». Quels peuvent être les dégâts par rapport au vote du CIO?

Bertrand Delanoë: Nous ne critiquons pas l'attitude de nos adversaires. Guy Drut a apporté sa contribution à Paris 2012. Dans une histoire judiciaire qui n'a rien à voir avec les Jeux, il bénéficie de la présomption d'innocence. Ensuite, les tribunaux trancheront. Il a choisi de ne pas être ici, c'est un geste de fair-play.

– Les tabloïds londoniens prétendent aussi que le Stade de France est déjà obsolète.

– Lui a au moins le mérite d'exister!

– Au fond, Londres joue-t-elle franc jeu dans cette course aux JO 2012?

– Nous avons le souci de notre propre performance, pas celui de démolir nos concurrents. J'ai simplement tendance à penser que l'une des cinq villes finalistes est meilleure que les autres…

– On parle beaucoup d'arrangement entre Londres et Madrid quant aux reports de voix si l'une d'elles est éliminée prématurément. Qu'en dites-vous?

– Peu importe. Paris ne construira pas sa victoire sur des rumeurs ou des bruits de couloirs.

– En France même, un comité anti-JO vous reproche les dépenses somptuaires de Paris 2012 ainsi que votre manque de vision post-olympique.

– Rarement un dossier aura autant maîtrisé les coûts en termes de JO. Un milliard d'euros de garantie pour chaque entité partenaire (ndlr: Ville de Paris, région Ile-de-France et gouvernement central), cela n'a rien d'exagéré. Surtout que l'essentiel sera consacré à des améliorations urbanistiques et aux transports publics. Nous créerons dix hectares d'espaces verts en pleine ville, sans parler de la transformation complète du quartier Clichy/Batignolles. S'agissant des 27 millions dépensés lors de la candidature, je précise qu'il n'y a pas un euro public dans cette somme.

– Après 1992 et 2008, la troisième tentative de Paris à l'époque moderne des Jeux sera-t-elle la bonne?

– En tout cas, nous sommes persévérants! Mais cette fois, nous voulons la médaille d'or, et nous nous sommes donné les moyens de l'obtenir.