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Murat Yakin n’est plus l’entraîneur de Grasshopper.
© CYRIL ZINGARO/KEYSTONE

Football

Chaises musicales et sièges éjectables

Il n’y aura en fin de saison qu’un seul relégué en Super League et aucun en Challenge League, ce qui n’empêche pas les clubs de multiplier les changements d’entraîneur

La lutte contre la relégation ne concerne plus le seul FC Sion. Grasshopper et Lugano en sont bien conscients, qui viennent de licencier leur entraîneur. A Zurich, Murat Yakin, arrivé en cours de saison de Schaffhouse, est débarqué après seulement 22 matchs. Le directeur sportif Mathias Walther assure l’intérim. Au Tessin, Pierluigi Tami est remplacé par Guillermo Abascal, limogé… une semaine plus tôt par Chiasso.

Le jeu des chaises musicales se poursuit donc dans le football suisse. Yakin et Tami en sont les sixième et septième victimes, après – par ordre chronologique d’éviction – Carlos Bernegger (GC), Paolo Tramezzani (Sion), Markus Babbel (Lucerne), Gabri (Sion) et Uli Forte (FC Zurich). Les dix clubs de Super League ont déjà utilisé 17 entraîneurs. Et ce n’est peut-être pas fini: Walther n’est qu’un intérimaire à GC et la lutte pour le maintien va désormais stresser cinq équipes, réunies en quatre points: GC (32 points), Thoune (31), Lausanne (31), Lugano (31), Sion (28).

Échecs et rebonds

En Challenge League, où Neuchâtel Xamax (18 points d’avance sur Servette) est quasi assuré de monter et où Wohlen a annoncé dès cet hiver son refus de solliciter une licence de jeu professionnelle pour la saison prochaine, la situation n’est guère plus stable alors que, pourtant, tout est joué. Winterthour, Servette et Aarau ont déjà cédé à la tentation du siège éjectable, souvent pour basculer déjà sur la saison prochaine. Chiasso a licencié la semaine passé Guillermo Abascal, qui aura donc très vite rebondi, à l’échelon supérieur qui plus est! Ce n’est pas le moindre paradoxe de ce très jeune entraîneur espagnol (29 ans) qui dirigeait la saison passée les juniors M13 du FC Séville.

Le beaucoup plus expérimenté Murat Yakin avait, lui, commencé la saison de la meilleure des manières avec Schaffhouse en Challenge League (cinq matchs, cinq victoires). Il n’a jamais pu reproduire cette réussite en Super League. En 22 matchs, son bilan est négatif: sept victoires, six nuls et neuf défaites. Surtout, GC n’a remporté qu’une seule de ses huit dernières rencontres.

Bilan neutre pour le FC Sion

Fonctionner par séries, positives ou négatives, est une caractéristique commune à de nombreuses équipes. Au premier tour, Lausanne-Sport a enchaîné six matches sans victoire, puis sept matches sans défaite, puis quatre matches perdus sur cinq. Le FC Bâle a commencé par quatre matchs sans victoire, suivis de onze sans défaite jusqu’à la trêve. A la reprise, les Bâlois n’ont gagné qu’un seul de leurs cinq premiers matchs. Lugano, quatrième après 22 journées et une série de quatre succès de rang, a depuis essuyé six défaites consécutives. Equipe en forme de la fin de l’hiver, Saint-Gall a gagné cinq matchs de suite, série terminée.

Celle du FC Lucerne, sept victoires et un nul, s’est achevée ce week-end à Thoune (1-0). C’est le premier revers pour Gerardo Seoane, nommé le 9 janvier après le renvoi de l’Allemand Markus Babbel. Lucerne est le seul club de la Swiss Football League où le «choc psychologique» a effectivement fonctionné. A Sion, même si l’espoir est revenu, le bilan de Maurizio Jacobacci est neutre (trois victoires, deux nuls, trois défaites).

Décisions sous le coup de l'émotion

Certains clubs ont su résister à la tentation de virer l’entraîneur. Paradoxalement, ce sont ceux qui avaient peut-être le plus de raisons de le faire. Largué en championnat, le FC Bâle vit sa plus mauvaise saison depuis huit ans mais n’envisage pas de se séparer de Raphaël Wicky. A Lausanne, le changement de logo a secoué tout le canton mais le remplacement de Fabio Celestini n’a jamais été vraiment à l’ordre du jour. A Thoune, Marc Schneider a survécu à cinq défaites consécutives, dont un 7-2 à Sion. Depuis, les Bernois, véritables spécialistes du maintien, n’ont plus perdu (un nul contre Lausanne, deux victoires à GC et contre Lucerne).

Il ressort de tout ceci le sentiment de décisions prises dans l’urgence, le stress et sous le coup de l’émotion bien plus que de la raison. Un meneur d’hommes succède à un tacticien, un novice remplace un coach expérimenté, les has been d’hier ont toutes les chances de revenir en grâce demain. Tout cela sans aucune logique. A Chiasso, le successeur de Guillermo Abascal est connu: il s’agit de Baldo Raineri. Le Sicilien n’aura pas de peine à trouver ses marques à Riva IV: il était déjà l’entraîneur la saison passée avant d’être remplacé par… Guillermo Abascal. A côté de la Super League, un résumé des Feux de l’amour est limpide!

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