Lindsey Vonn, en haut de l’affiche Dominatrice, l’Américaine se profile comme la reine des JO en ski alpin. Mais la skieuse s’est blessée au tibia Elle est pressentie pour être le porte-drapeau de la délégation américaine vendredi soir lors de la cérémonie canadienne. En cette saison olympique, Linsdey Vonn réunit les ingrédients pour devenir star en son pays. NBC l’a d’ailleurs désignée tête d’affiche de l’équipe US, tous sports confondus. Celle qui allie subtilement glamour et succès sportifs est courtisée depuis de nombreux mois déjà par les médias. Anticipant une pression quasiment insoutenable à l’approche du grand rendez-vous canadien, elle a sacrifié une partie de son été à sa notoriété croissante. Enchaînant les interviews de Los Angeles à New York en passant par Chicago, Boston et Minneapolis. L’objectif était de répondre aux sollicitations en amont pour ensuite libérer son agenda dès l’entame de la saison et se concentrer sur la compétition, la Coupe du monde et les JO à venir. Gourmande, insatiable même, la plantureuse skieuse rêve d’ajouter l’or olympique à son vertigineux palmarès. Un fantasme qui ne devrait pas le rester longtemps. Elle domine si outrageusement le circuit féminin de la Coupe du monde qu’on voit mal qui, à part l’adversité, pourrait la priver d’un ou deux titres sur les pistes de Whistler Creekside. Cela d’autant plus qu’elle a prouvé, l’an dernier aux Mondiaux de Val d’Isère, qu’elle avait aussi le mental pour être la reine des courses d’un jour. La belle y avait décroché le titre mondial en descente et en super-G. Avant de se sectionner le tendon du pouce droit en sablant le champagne. Ce qui ne l’avait pas empêchée de disputer le slalom après un aller et retour à Innsbruck pour se faire opérer sa main douloureuse. Récemment, Vonn a donné un haut-le-cœur à toute l’Amérique en chutant méchamment lors du géant de Lienz. La télévision autrichienne, lui prêtant hâtivement un bras cassé, augurait son forfait. Au final, plus de peur que de mal. Lindsey Vonn est bien là. En l’absence d’une vraie concurrence et en attendant le retour d’une Lara Gut qui a osé la titiller l’an dernier, elle a la voie royale. Avec ses skis d’homme, elle devrait honorer son statut de figure de proue d’une équipe américaine où seuls les hockeyeurs pourraient revendiquer une place à ses côtés en haut de l’affiche. Isabelle Musy, Whistler Mercredi 10 février: Lindsey Vonn, blessée au tibia: «C’est vraiment pas de chance»

Gregor Schlierenzauer, champion volant identifié Le jeune Autrichien sera logiquement le grand rival de Simon Ammann Il n’avait pas encore dix ans lorsqu’il s’élança pour la première sur un petit tremplin. L’effet grisant de l’envol fut instantané. «Je suis devenu immédiatement accro à la sensation d’apesanteur», confie Gregor Schlierenzauer, dont le credo est «tout est possible, mais rien n’est garanti». Sourd de l’oreille gauche depuis sa naissance, l’Autrichien n’a pas laissé ce handicap contrarier les gènes qui le prédestinaient à un avenir de champion. Pris en main par son oncle, Markus Prock (triple médaillé olympique de luge) qui lui a dégoté un contrat avec Fisher à l’âge de 11 ans, «Schlieri» n’a cessé de flirter avec la précocité. A 15 ans, il s’est offert un titre de champion du monde junior. L’année suivante, il a réalisé un décollage remarqué sur les tremplins de la Coupe du monde. Dès son arrivée sur le circuit des grands, en 2006/2007, le jeune prodige d’Innsbruck a frappé fort d’entrée de jeu avec une victoire et trois podiums. Deux ans plus tard, en 2008/2009, il remportait le classement général avec 13 victoires sur la saison, améliorant au passage le record de douze victoires détenu jusque-là par le Finlandais Janne Ahonen et égalisant celui de six succès consécutifs de Matti Hautamaki et Thomas Morgenstern. Aujourd’hui, à tout juste 20 ans – il a soufflé ses bougies le 7 janvier dernier –, Gregor Schlierenzauer dispute ses premiers Jeux olympiques. Il sera le grand rival de Simon Ammann avec qui il se dispute les honneurs en Coupe du monde cette saison. Actuellement, l’Autrichien pointe en deuxième position du général provisoire derrière le Saint-Gallois. Les deux hommes devraient donc logiquement poursuivre leur duel sur les tremplins de Whistler olympic park. Avec, pour le Saint-Gallois, l’avantage d’avoir déjà connu l’euphorie olympique. A ce duel annoncé viendront évidemment se mêler Janne Ahonen, Thomas Morgenstern et Andreas Kofler, le récent vainqueur de la Tournée des Quatre Tremplins. Isabelle Musy, Whistler

Ole Einar Björndalen, entre Lucky Luke et Marathon Man Plus grand biatlète de tous les temps, le Norvégien compte déjà neuf médailles olympiques à son actif. Il compte dépasser son compatriote Björn Dahlie dans la légende Ole Einar, c’est juste le prénom. Un prénom qui condense la dramaturgie des corridas et la soif de conquête des Vikings. Le nom, c’est Björndalen. Un monument, une étoile des neiges. Ole Einar Björndalen, plus grand biathlète que la Terre ait jamais porté, arrive à Vancouver avec neuf médailles olympiques dans sa musette – dont cinq en or. Dans la ligne de mire du Norvégien se tapit le record de son compatriote fondeur, Björn Dahlie, sportif le plus titré dans l’histoire des Jeux d’hiver avec huit médailles d’or et quatre d’argent. Björndalen, qui aborde les cinquièmes JO de sa carrière, vient de souffler ses 36 bougies. Du haut de ses 93 succès en Coupe du monde – dont un en ski de fond –, «King Ole» exerce depuis quinze ans une domination écrasante sur le biathlon. Une hégémonie façon Roger Federer, Tiger Woods ou Michael Schumacher. Et ce n’est sans doute pas terminé: «Il est plus fort et mieux préparé qu’il ne l’a probablement jamais été», prévenait récemment dans la presse allemande Oyvind Hammer, le coach mental de ses débuts. Ole Einar Björndalen, c’est une espèce de croisement entre Lucky Luke et Marathon Man; un tireur d’élite doté de trois poumons; un insatiable compétiteur – «Une journée sans entraînement est une journée de perdue», aime-t-il à répéter – doublé d’un perfectionniste obsessionnel. On raconte que tous les matins, il se gargarise au cognac pour tuer les microbes. Mais jamais, au grand jamais, il n’en ingurgite la moindre goutte. Pionnier, le Norvégien n’a cessé de faire évoluer sa discipline, rayons technique, préparation et matériel. Cette saison encore, il a changé de skis, de combinaison et de carabine, piquant le modèle de son épouse, l’ancienne biathlète italienne Natalie Santer. «Si je ne changeais rien, ce serait ennuyeux», a-t-il déclaré le mois dernier dans le Rheinische Post. «Quand on veut s’améliorer, il faut rester ouvert à tout.» Sur son site personnel, Ole Einar Björndalen, quadruple médaillé d’or durant les derniers championnats du monde, s’est fixé un objectif «modeste»: deux titres olympiques sur cinq opportunités à saisir. Il débutera sa moisson le dimanche 14 février avec le sprint 10 km, discipline qu’il avait survolée en 1998 à Nagano puis en 2002 à Salt Lake City. Quoi qu’il advienne en Colombie-Britannique, la légende du biathlon a déjà pris date pour 2014: «J’ai encore quelques bonnes années devant moi. Sotchi est un objectif.» Il aura alors 40 ans. Simon Meier, Vancouver

Crosby le magnifique Avec son patronyme hollywoodien et son talent hors norme, Sidney Crosby est, à 22 ans, la nouvelle star du puck. Ne lui reste plus qu’à mener le Canada au titre olympique… Le hockey sur glace est au Canada ce que le football est au Brésil: une religion. Or, à tout rite, il faut des divinités. Voilà pourquoi la providence a inventé Sidney Crosby, 22 ans, légende en cours. Avec son patronyme de crooner et son don exceptionnel pour le maniement du puck, le centre des Penguins a envoûté les partisans de Pittsburgh. S’il mène le Canada au titre olympique, il deviendra l’icône de tout un pays. Si tôt? Né le 7 août 1987 à Cole Harbour, Sidney Crosby a toujours fait les choses plus vite que les autres. Il se prend au jeu du hockey à 2 ans et demi, dans le sous-sol de la maison familiale, aménagé à cet effet par son papa Troy, lui-même modeste ancien gardien de but. Sollicité par la presse locale dès l’âge de 7 ans pour ses aptitudes étonnantes, il battra ensuite tous les records de précocité. Plus jeune capitaine dans l’histoire de la National Hockey League (NHL), vainqueur de la dernière Coupe Stanley avec les Penguins, il affole les statistiques partout où il passe. Son tableau de chasse est plus garni que celui de légendes comme Mario Lemieux ou Wayne Gretzky au même âge. Le contrat de cinq ans signé en 2007 s’élève à la hauteur du phénomène: 8,7 millions de dollars par saison. Adulé à Pittsburgh, Crosby passe parfois pour une sale tête et un simulateur sur les autres patinoires nord-américaines. S’il brille à Vancouver sous le maillot national – le Canada affronte la Suisse, les Etats-Unis et la Norvège au 1er tour –, si l’équipe à la feuille d’érable va au bout du rêve devant son public, Sidney Crosby fera définitivement l’unanimité. Lors des Mondiaux 2006, sa seule compétition internationale, malgré l’élimination en demi-finale contre la Suède, il finissait meilleur compteur et était élu meilleur joueur du tournoi. Simon Meier, Vancouver

Evgeni Plushenko, le retour en grâce Champion olympique en titre, le Russe est sorti de sa retraite pour défendre son bien à Vancouver. A 27 ans, il est toujours le meilleur Evgeni Plushenko, c’est une centaine de quadruples sauts réussis en compétition. Un athlète hors norme doté d’une technique infaillible. Un revenant, aussi, comme Stéphane Lambiel. Mais la «retraite» du Russe, qui avait cessé la compétition après sa médaille d’or à Turin en 2006, a davantage duré que celle du Valaisan. Son retour au sommet, le 21 janvier à Tallinn, n’en fut que plus éblouissant. Ce jour-là, le grand blond de Saint-Pétersbourg devenait champion d’Europe pour la sixième fois, à 27 ans. Il ambitionne désormais d’imiter Richard Button, dernier athlète en date à avoir conservé un titre olympique de patinage artistique (1948 et 52). «J’ai envie qu’on se souvienne de moi comme d’un grand champion, j’ai envie d’avoir ma place dans l’histoire», déclarait Plushenko fin 2009 à l’agence Reuters. «J’ai mené une très belle vie durant trois ans, j’ai voyagé à travers le monde pour effectuer des galas. Je pouvais rester tard au lit, manger ce que je voulais mais, honnêtement, tout cela a fini par m’ennuyer. Quand j’ai vu, en mon absence, des gars gagner des titres sans quadruple saut, je me suis dit que ce n’était pas possible. Il fallait que je revienne.» Le triple champion du monde reprend l’entraînement début 2009, bannit la pizza, les barres de chocolat et les sorties: il perd 10 kilos, retrouve élégance et solidité. Oubliée, l’opération du genou droit en 2007. Terminés, les galas Golden Ice montés par lui-même. Balayées, les paillettes de l’Eurovision 2008, qu’il remporte en accompagnement – sur glace – de son ami chanteur de pop Dima Bilan. Evgeni Plushenko, fils de charpentier né à Solnetchny (Sibérie), a repris sa domination. Il a redoré, à lui tout seul, le blason d’un patinage russe au creux de la vague. Constat d’Alexei Mishin, son entraîneur depuis qu’il a 11 ans: «A l’évidence, il a progressé en termes de charisme, de l’énergie qu’il dégage sur la glace.» Et comme il n’a rien perdu de sa technique… Simon Meier, Vancouver