Au niveau des règlements, on note peu de changements depuis la saison dernière. Sur le plan technique, les monoplaces se sont allongées de 10 à 15 centimètres pour accueillir des réservoirs plus volumineux: les ravitaillements en essence étant désormais bannis, ceux-ci doivent avoir une capacité de 170 litres environ, trois fois plus que l’an dernier.

Cette interdiction modifiera les stratégies de course, puisqu’il ne sera plus question d’espérer passer un concurrent au cours des ravitaillements. Les pilotes continueront de s’arrêter à leurs stands pendant les Grands Prix, mais uniquement pour changer leurs pneus, une opération qui devrait prendre moins de trois secondes et ne permettra guère de dépassements.

Le rêve de Fernando Alonso

Sur le plan sportif, la répartition des points permettra aux dix premiers pilotes classés de marquer, contre les huit premiers seulement jusqu’ici. Le vainqueur décrochera ainsi 25 points (contre 10 l’an dernier).

Plusieurs pilotes ont changé d’écurie cet hiver: Fernando Alonso, notamment, a réalisé son rêve de gosse en signant pour la prestigieuse Scuderia Ferrari. Dans le paddock du circuit de Sakhir, ce week-end, il ne cesse de répéter un bonheur qui se devine à son grand sourire. L’Espagnol prend la place de Kimi Räikönen, remercié par la Scuderia en dépit d’un contrat qui portait jusqu’à fin 2010. Ecœuré, le Finlandais s’est tourné vers le Championnat du monde des rallyes, tandis que Felipe Massa, sur l’autre Ferrari, reprend le volant qu’il avait laissé libre après son accident au Grand Prix de Hongrie.

La bonne affaire de Brawn

Champion du monde en titre, Jenson Button a quitté l’écurie Brawn pour signer chez McLaren, qui lui offrait une rémunération plus avantageuse, mais où il se retrouve au côté de Lewis Hamilton. Pour l’équipe Brawn, championne du monde des constructeurs, c’est l’année de tous les changements, puisque Rubens Barrichello, son autre pilote 2009, est parti chez Williams, et que l’écurie a depuis été vendue à Mercedes. Une très bonne affaire pour son patron, Ross Brawn, qui l’avait reçue en cadeau au départ de Honda, fin 2008, et qui l’a revendue à prix d’or à Mercedes, concurrent de la marque japonaise!

Mis à part le retour de Michael Schumacher, l’aspect le plus intriguant de cette nouvelle saison se situe au fond du paddock, là où sont garées les trois nouvelles écuries du plateau. Car cette année, anticipant les retraits de BMW et Toyota, la FIA (Fédération internationale de l’automobile) avait ouvert les inscriptions à quatre nouvelles écuries: Virgin, Lotus, Hispania Racing et USF1. Quatre formations qui ont été sélectionnées parmi une trentaine de demandes. Mais, même si la FIA a retenu les propositions les plus sérieuses, l’une d’entre elles, USF1, a dû renoncer à s’aligner il y a deux semaines à peine, laissant un emplacement vide dans les paddocks. Quant aux trois autres, elles sont à la peine: vendredi, seule une des deux Hispania Racing, celle de Bruno Senna (le neveu d’Ayrton), a pu couvrir quelques tours, à plus de onze secondes des meilleurs. Les Lotus et les Virgin ont elles aussi bouclé quelques kilomètres, très distancées.

Trois catégories distinctes

La Formule 1 ne remplacera donc pas des écuries au prestige de BMW et Toyota par ces trois nouvelles qui fleurent bon le bricolage.

Cette saison, le championnat devrait donc se décomposer en trois catégories: les quatre écuries de pointe, Ferrari, McLaren, Mercedes et Red Bull, les cinq écuries de milieu de grille, toutes présentes l’an dernier, et ces trois nouvelles formations, qui devraient traîner leur manque d’expérience au fond des grilles de départ, sans vraiment contribuer à la gloire de la discipline.

En revanche, ces nouvelles écuries permettent à de nombreux jeunes pilotes d’accéder enfin à la F1. C’est le cas, outre Bruno Senna, de Karun Chandhok, son coéquipier – qui n’avait guère brillé jusqu’ici en Championnat de GP2. C’est encore le cas de Luca Di Grassi, embauché chez Virgin, et de Vitaly Petrov, jeune pilote russe qui a trouvé place chez Renault, en remplacement de Romain Grosjean.