Le Temps: Pour son programme libre, Lambiel patinera sur la musique du «Roi Arthur» avec une chorégraphie entièrement nouvelle, conçue moins de deux mois avant ces Mondiaux. Un incroyable coup de poker?

Peter Grütter: En effet. Car un tel événement se prépare habituellement de longs mois à l'avance. Ce changement, tout à fait exceptionnel, était une décision de Stéphane qui ne se sentait plus en phase avec son ancien programme. Il avait besoin d'un nouvel état d'esprit pour entretenir sa motivation et s'investir à 100%.

– Par rapport aux Championnats d'Europe, quels changements majeurs avez-vous opérés?

– Nous avons essayé de plaire au public, qui n'avait pas compris le programme trop intellectuel présenté à Turin. La nouvelle prestation de Stéphane, très guerrière, sera plus simple. Les sauts n'ont pas changé. Pour les pirouettes, nous avions prévu diverses concessions au règlement, mais finalement, nous hésitons encore à toutes les intégrer. A ce sujet, l'avis du jury nous semble partagé. Quant au costume, il s'agit d'une tenue difficile à porter. Stéphane ne sait pas encore s'il la revêtira.

– Vous parlez du «public», est-ce une manière diplomatique de définir le jury?

– Les juges réagissent un peu comme le public… Pour le moment, nous tâtons le terrain. De toute façon, Stéphane ne conservera pas ce programme pour les Jeux de Turin, en 2006. Il se lasse très vite et veut toujours du nouveau. Je suis aussi d'avis que les meilleurs patineurs ne devraient pas présenter deux fois la même chorégraphie.

– Quelle atmosphère règne à Moscou à l'aube des qualifications?

– La tension est énorme. Ici, l'ambiance est électrique, et pas seulement dans notre camp. Seuls 24 concurrents sur 48 franchiront le cap. Et une douzaine d'entre eux pourront prétendre à un podium. Nous serons bientôt fixés sur nos choix.