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Rafael Nadal a remporté le tournoi de Monte-Carlo pour la dixième fois, en dominant son compatriote Albert Ramos-Viñolas 6-1 6-3, le 23 avril 2017.
© AP Photo/Claude Paris

Tennis

Quand le chat n’est pas là, Nadal danse

Albert Ramos-Viñolas n’a pas pesé bien lourd en finale du tournoi de Monte-Carlo, que Rafael Nadal remporte (6-1 6-3) pour la dixième fois. On l’avait presque oublié mais lui aussi est de retour cette saison

C’est l’autre come-back tennistique de l’année 2017. Rafael Nadal est de retour à un très bon niveau, et sa confiance et son appétit ne vont qu’aller croissants avec la saison de terre battue qui a débuté par sa victoire dimanche au tournoi de Monte-Carlo. Ses statistiques, qui sont autant de records, se passent de commentaires: 70e titre ATP, le 50e sur terre battue (un de mieux que Guillermo Vilas), le 10e à Monaco, où il se fit connaître en 2003 à pas encore dix-sept ans.

Rafael Nadal va désormais essayer de remporter son dixième titre à Barcelone avant de s’attaquer à son Everest personnel: une dixième Coupe des Mousquetaires début juin à Roland-Garros. Ce serait aussi exceptionnel que le dix-huitième Grand Chelem de Roger Federer. Pour réussir la première levée de son «triple 10», le Majorquin n’aura rencontré aucune des trois premières têtes de série, Andy Murray (2e tour), Novak Djokovic (quart de finale) et Stan Wawrinka (2e tour) tombant prématurément. L’absence de Federer lui aura également, mais d’une autre manière, dégagé le passage.

Nous ne lui ferons pas l’injure de prétendre que sa victoire n’est due qu’à la longue pause observée par le Bâlois. Mais l’on avait jusqu’ici surtout retenu du Nadal de 2017 ses trois défaites face à Federer (Open d’Australie, Indian Wells, Miami) et ses trois finales perdues (deux contre Federer, une contre Sam Querrey à Acapulco), en oubliant un peu qu’il est l’homme qui a le plus gagné sur le circuit: 24 victoires cette saison, une de plus que le Belge David Goffin, sa victime en demi-finale dans un match qui a ramené le débat sur l’arbitrage vidéo là où on ne l’attendait plus (l’arbitre de chaise jugea mal un point important en se basant sur une marque antérieure).

Joie sincère et profonde

Cette injustice consuma littéralement Goffin, qui ne marqua plus ensuite qu’un jeu sur les dix disputés (6-3 6-1). En finale, Albert Ramos-Viñolas reçut, dans un ordre inverse, la même leçon (6-1 6-3) mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Concédant trop de fautes directes, cet autre Catalan gaucher fut beaucoup trop faible au service (à peine 50% de premières balles passées, 44% de points gagnés sur ses mises en jeu) pour faire illusion. Constamment mis sous pression, il céda deux fois par sets, perdant même le match sur une double faute. Une cruelle déception pour un joueur qui venait, au terme de la meilleure semaine de sa carrière, de sortir Andy Murray et Marin Cilic et de se qualifier pour la première finale de Masters 1000 de sa carrière.

Dans ces conditions, Rafael Nadal évita d’en rajouter mais sa joie était sincère et profonde. Neuvième mondial à la fin de la saison 2016 (son plus mauvais classement depuis 2004), le revoici aux avant-postes. En conférence de presse, sa coupe posée sur la table, il insista sur l’importance de ce premier titre 2017. «Pour moi, c’est un jour très important dans ma carrière. Le premier tournoi de la saison sur terre battue est toujours un cap important. Je suis content de mon jeu, il y a toujours des choses à améliorer mais j’ai progressé au fil des tours. Je suis sur la bonne voie.»

Rafael Nadal est le Samson du tennis. Sa force semble résider dans sa chevelure, abondante lorsqu’il dominait le tennis mondial, éparse ces deux dernières saisons alors que ses apparitions s’espaçaient, de blessures en forfaits, en net regain depuis cet hiver. Le Majorquin a en effet profité d’une énième blessure à l’automne pour mettre fin à sa saison 2016 fin octobre déjà. Il traita son problème capillaire et se soigna. «J’ai pu enfin travailler comme je voulais le faire depuis longtemps, répéta-t-il dimanche. Avant, les blessures m’en empêchaient. Tout se résume à ça: la santé. Si je suis en bonne santé et que je peux défendre mes chances, je suis heureux. L’important pour moi n’est pas de gagner mais d’être compétitif. Si je ne peux plus être compétitif, je préfère rester sur mon île et aller à la pêche ou au golf.»

Roland-Garros, «c’est encore loin»

En 2017, pour la première fois depuis bien longtemps, Rafael Nadal va bien. Ce qui ne veut pas dire qu’il joue sans douleurs. Selon le pointage de son oncle et coach Toni, la dernière fois qu’il n’a pas eu mal quelque part devait être en 2009… A Melbourne, il lui avait manqué quelques semaines d’entraînement pour faire jeu égal jusqu’au bout avec Roger Federer. Ce sera pour le prochain Grand Chelem. Mais Rafael Nadal refuse de se projeter déjà vers Roland-Garros. «C’est encore loin, il y a beaucoup de points à prendre et de progrès à faire. La prochaine étape, c’est le prochain tournoi à Barcelone. C’est un tournoi important pour tous les Espagnols, et une épreuve que j’aime beaucoup, parce qu’elle se déroule dans un vrai club de tennis. Il y a, comme ici à Monte-Carlo, une vraie tradition. Ce n’est pas un stade où l’on joue deux semaines par an.»

Entre deux, il avait la soirée pour se réjouir de sa victoire monégasque. «Avec l’expérience, on apprend à profiter des succès. Aujourd’hui est un jour pour profiter – pas célébrer, mais profiter. Demain il sera temps de s’entraîner.»

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