L’équipe de Suisse de football est fixée sur son sort: samedi à 15 heures au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne, elle affrontera la Pologne. Un adversaire à sa portée mais qu’il s’agit de prendre au sérieux. «Nous savons depuis longtemps que c’est une grande équipe, avec d’excellentes individualités et un engouement populaire impressionnant qui joue un rôle aussi», commentait avant le dénouement le défenseur central Steve von Bergen, qui n’a pas encore joué lors du tournoi.

La Nati pouvait aussi tomber sur l’Allemagne – «un os», a dit le Neuchâtelois – ou l’Irlande du Nord – «une équipe dont les joueurs se sacrifient vraiment les uns pour les autres». Mais c’est bien le scénario le plus probable qui s’est réalisé, mardi, avec les derniers matches du groupe C. Les Allemands n’ont pas failli à la tâche contre de valeureux Irlandais (1-0), qui ont été largement dominés mais ont bien résisté aux assauts adverses. Un but de Mario Gomez leur coûte un point et, peut-être, une qualification en huitièmes de finale au jeu des meilleurs troisièmes de groupe. Dans l’autre match, la Pologne a fait le boulot contre une équipe d’Ukraine qui quitte la compétition sans avoir marqué le moindre point (1-0). Insuffisant pour doubler l’Allemagne… et éviter l’équipe de Suisse.

Un nul en 2014

La Pologne, donc. En dix confrontations, elle a battu quatre fois la Nati, pour une défaite et cinq nuls. Le dernier duel remonte à l’automne 2014 et s’était terminé sur un score de 2-2, avec des buts de Josip Drmic et Fabian Frei. Difficile d’en tirer des enseignements: des onze titulaires suisses lors de ce match amical à Wroclaw, seuls deux devraient commencer la partie samedi (Schär et Shaqiri).

A l’Euro, le parcours de la Pologne est jusqu’ici impeccable. Elle a battu l’Irlande du Nord et l’Ukraine, et tenu tête à l’Allemagne entre les deux (0-0), lors de ce qui reste paradoxalement sa prestation la plus aboutie du tournoi. Matricule 27 du classement FIFA, la sélection d’Adam Nawalka s’est affirmée comme un sérieux outsider de cet Euro. Difficile de dégager un favori de la confrontation qui s’annonce contre l’équipe de Suisse: les deux formations sont dans une dynamique étrangement similaire.

Une star à la peine

Au premier tour, elles ont plutôt convaincu du point de vue du jeu et affiché une solidité défensive remarquable (un but encaissé sur penalty pour la Suisse, aucun pour la Pologne). Par contre, elles ont connu beaucoup plus d’ennuis offensifs (deux buts en trois matches chacune). En l’absence d’un attaquant de classe mondiale, la Nati pouvait s’y attendre. C’est plus étonnant pour les Aigles blancs, qui disposent avec Robert Lewandowski d’une des plus fines gâchettes qui soient. Ses treize réussites ont permis à son équipe de terminer avec la meilleure attaque des éliminatoires.

Mais depuis le début de l’Euro, l’avant-centre du Bayern Munich n’a pas encore trouvé le chemin des filets. A la peine comme la plupart des stars lors de cet Euro, il demeure une menace évidente, mais pas la seule. Buteur contre l’Ukraine mardi, l’ailier du Borussia Dortmund Jakub Blaszczykowski est un autre joueur redoutable.

Autre point commun entre la Suisse et la Pologne: c’est la première fois que les deux équipes passent le premier tour d’un Euro. Avant la France, elles n’y avaient même jamais gagné un match, en dépit d’une édition «à domicile» (Suisse-Autriche en 2008, Pologne-Ukraine en 2012). Le signe indien vaincu, elles affichent désormais leurs ambitions. «Si la Suisse continue de grandir match après match comme elle l’a fait jusqu’ici, je crois qu’elle a de bonnes chances d’atteindre les quarts de finale», estimait Steve von Bergen mardi.