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Joana Heidrich et Anouk Vergé-Depré sont associées depuis le début de la saison.
© Georg Hochmuth / Keystone

Beach-volley

Chez les Suissesses, une génération dorée

Les binômes Hüberli/Betschart et Heidrich/Vergé-Dépré ont atteint les huitièmes de finale des Mondiaux de Vienne. L’avenir appartient à ces quatre joueuses talentueuses et encore jeunes

Le beach-volley suisse tient peut-être la plus belle génération de filles de son histoire. Les paires Hüberli/Betschart et Heidrich/Vergé-Dépré enchaînent les bons résultats depuis le début de la saison, jusqu’à être capables de faire flotter le drapeau rouge à croix blanche sur le podium de tournois majeurs. Aux Championnats du monde de Vienne, qui se déroulent jusqu’à dimanche, les quatre Suissesses ont atteint leur objectif en se hissant au stade des huitièmes de finale. Elles s’y sont inclinées ce jeudi, mais un tableau plus favorable leur aurait à coup sûr permis de faire mieux encore.

A 24 ans, Tanja Hüberli a déjà une belle expérience du haut niveau et sa taille (1 m 90) lui permet d’être redoutable au contre. Nina Betschart est la plus jeune (21 ans), la plus petite (1 m 76), mais pas la moins talentueuse: virtuose de la défense et artiste de l’attaque placée, elle compense son manque de hauteur par une technique hors norme. Associées depuis la saison dernière, les deux joueuses sont déjà montées deux fois sur le podium des Major Series (en 2016 à Klagenfurt et en 2017 à Porec).

Joana Heidrich et Anouk Vergé-Depré – 25 ans toutes les deux – sont plus expérimentées et plus exposées médiatiquement après leur participation aux Jeux olympiques de Rio. La première (1 m 90) est une machine à contrer autant qu’une attaquante sans pitié. La seconde, à peine moins grande (1 m 85), est également redoutable en phase offensive. Elles font équipe depuis quelques mois et les résultats suivent sur le World Tour, où elles ont signé une deuxième, une quatrième et une cinquième place.

Pas de hiérarchie

Le beach-volley suisse a de belles perspectives d’avenir avec ces filles-là. Elles sont jeunes et prometteuses, dans un sport où l’athlète atteint son apogée en approchant la trentaine. Et les deux binômes se stimulent l’un l’autre. «Toutes les quatre, nous avons l’énorme avantage de nous pousser mutuellement vers l’excellence à l’entraînement», se réjouit Nina Betschart sur le site de Swiss Volley. La fédération, elle, se frotte les mains et se garde bien d’établir une hiérarchie entre ses deux paires. «Cela n’a aucune importance. Pour nous, seules comptent les performances au niveau international, et elles sont bonnes», estime Philippe Saxer, responsable du beach-volley.

La réputation de la Suisse tient plus à ses montagnes qu’à ses plages, mais cela n’a jamais complexé les beach-volleyeurs. Depuis les débuts olympiques de la discipline en 1996, à Atlanta, plusieurs paires masculines se sont bâti de solides palmarès. Patrick Heuscher et Stefan Kobel ont décroché une médaille de bronze aux JO d’Athènes en 2004. Les frères Paul et Martin Laciga ont été vice-champions du monde en 1999 et trois fois champions d’Europe. Sascha Heyer et Markus Egger ont également gagné une couronne continentale en 2001.

Une véritable génération dorée de joueurs nés dans les années 1970, qui n’a jamais trouvé sa relève, ni connu d’équivalent côté féminin. Le titre européen de Simone Kuhn et Nicole Schnyder-Benoît en 2004 mis à part, les Suissesses sont restées plus discrètes sur la scène internationale. La donne pourrait changer. Aux Mondiaux de Vienne, Swiss Volley n’a pu envoyer aucune paire masculine, tandis que ses filles s’y sont rendues en conquérantes.

Un changement de rôle

L’été dernier s’était pourtant terminé sur une note de nostalgie. Deux binômes avaient certes brillé aux Jeux olympiques de Rio (une cinquième et une neuvième place) mais Nadine Zumkehr et Isabelle Forrer en ont profité pour conclure en beauté leur carrière de sportives d’élite, laissant respectivement Joana Heidrich et Anouk Vergé-Depré sans partenaire. Rapidement, les deux orphelines ont demandé à évoluer ensemble.

«Nous avions montré lors des JO que nous étions capables d’être performantes à haut niveau, nous avions un certain bagage en commun, nous expliquait Anouk Vergé-Depré en début de saison. Si les entraîneurs s’étaient opposés à notre idée, nous les aurions écoutés, mais cela n’a pas été le cas.» L’association tenait pourtant du pari, car elle impliquait pour l’une des joueuses – toutes les deux habituées à évoluer au bloc – un changement de rôle. Anouk Vergé-Depré a accepté de se recycler en défense.

Lire aussi: Anouk Vergé-Dépré, le talent à l’épreuve du changement

Aux Championnats du monde de Vienne, elles ont eu la malchance de tomber dès les huitièmes de finale sur les Brésiliennes Larissa et Talita, légendes vivantes du beach-volley et meilleure paire du monde. Ce jeudi, les Suissesses ont bien tenu le choc dans le premier set, perdu 21-19, avant de souffrir davantage dans le second (21-16).

Leurs trop nombreuses erreurs directes ne leur ont pas permis de faire douter des adversaires trentenaires blindées d’expérience, mais elles ont eu le temps de montrer leur impressionnant potentiel offensif et leur caractère, via des regards habités de détermination. Tanja Hüberli et Nina Betschart avaient, elles, disputé leur huitième de finale un peu plus tôt, contre les Canadiennes Sarah Pavan et Melissa Humana-Paredes, quatrièmes mondiales. Elles se sont également inclinées en deux manches (21-17 23-21) après avoir galvaudé une balle d’égalisation dans le deuxième set.

Pas de quoi reconsidérer le potentiel des deux paires suisses. «Il est certainement un peu tôt pour attendre une médaille mondiale», prévenait Philippe Saxer avant les Mondiaux. Mais ces filles veulent aller loin. «Si Anouk et Joana sont associées, c’est pour gagner des titres», nous confirmait l’entraîneur Sebastian Beck au printemps. Tous les commentateurs internationaux s’accordent pour dire que l’avenir leur appartient.

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