Il ne suffit pas de compter dans ses rangs le champion du monde en titre pour vivre luxueusement. La Fédération de cyclisme suisse (FCS) en fait l'expérience. Mardi à Berne, le président de l'organisation faîtière, Hugo Steinegger, a tiré la sonnette d'alarme: «Pour 1998, nous sommes très nettement dans les chiffres rouges. Il est nécessaire de prendre des mesures immédiates pour diminuer les pertes.» Le montant du déficit n'a pas été dévoilé. Il sera communiqué en premier lieu à l'assemblée des délégués qui se déroulera le 8 mai prochain.

Pour l'instant, seuls quelques indices permettent d'en évaluer l'ampleur. Ainsi, l'organisation des éditions 98 du Tour de Berne et du GP Tell se sont soldés par une perte sèche de 180 000 francs et les recettes du journal de la Fédération sont de 300 000 francs inférieures aux prévisions. Sans compter les coûts additionnels engendrés par la multiplication des championnats continentaux et internationaux. Des compétitions qui pèsent plus lourdement sur le budget qu'elles n'engendrent de recettes.

Mesures d'économies

Pour ressortir la tête de l'eau, la Fédération a déjà pris quelques mesures. La plus marquante est l'abandon de l'édition 99 du GP Tell, une course par étapes dont la vocation est de permettre à de jeunes coureurs de se familiariser avec ce type de compétition. «Nous ne trouvons plus de sponsors pour se genre d'épreuves. La situation économique pousse les entreprises à ne s'engager que lorsque les meilleurs cyclistes sont au départ», regrette Hugo Steinegger. Un comportement également dû aux affaires de dopage qui ont terni l'image du sport. Quant au Tour de Berne, qui se déroulera dimanche, il ne doit son salut, aux dires de ses organisateurs, qu'à l'arrivée en catastrophe d'un nouveau sponsor principal.

Pour combler son déficit, la Fédération envisage aussi de réduire l'importance des délégations se déplaçant pour les compétitions internationales de manière à stabiliser les frais induits par l'introduction de nouvelles disciplines (trial, cyclisme en salle, etc).

De plus, le président de la FCS va proposer à l'assemblée des délégués d'octroyer une licence d'organisation de la boucle nationale d'une durée de trois ans à la Société du Tour de Suisse (STS), dont il est également le directeur. Selon lui, les avantages seraient tout d'abord une séparation claire des activités des la FCS et de l'organisation de l'épreuve. Ensuite, cela permettrait de stabiliser ses recettes, puisque selon le contrat préétabli, la STS s'engage à verser chaque année un montant fixe de 125 000, auquel s'ajoute une part encore secrète du fonds de roulement. A noter encore le budget du Tour de Suisse a été diminué d'environ 10%. Tous les secteurs (équipes, infrastructures, personnels) sont touchés.