Depuis une douzaine d’années, les Sauterelles avalent des couleuvres. Le «Rekordmeister» (27 titres de champion, 19 victoires en Coupe de Suisse) n’a plus rien gagné depuis 2013 (la coupe, dix ans après le dernier championnat) et cette traversée du désert a été hérissée de déconvenues plutôt vexantes lorsqu’on a incarné pendant si longtemps Zurich, l’arrogance et le football suisse.

Les supporters de Grasshopper ont ainsi vécu avec la destruction du stade du Hardturm, qui devait être rebâti en prévision de l’Euro 2008 mais qui attend encore un projet qui satisfasse promoteurs et opposants. Ils ont dû squatter le Letzigrund, le terrain du voisin honni, le FC Zurich. Ils ont vu le FC Bâle devenir le club numéro un du pays et même ces losers de YB gagner deux titres. Ils sont enfin tombés en Challenge League l’été passé, après 70 ans dans l’élite. Ils ont vu partir le dernier mécène en 2014, ils ont vu défiler neuf présidents en treize ans. Ils pensaient avoir tout vu et puis, le 9 avril, ils ont appris que leur club avait été vendu à une Chinoise.