Gigi Oeri, la présidente mécène du FC Bâle, n’est pas contente. Avec l’assentiment unanime de son conseil d’administration, elle vient de dénoncer le contrat de l’entraîneur Christian Gross (56 ans), lequel accord portait jusqu’en juin 2011. Au moins, celui qui coachait le FCB depuis 1999 – presque un record de longévité à ce niveau – n’aura-t-il aucun souci financier à se faire ces prochains temps…

On n’est pas certain, cependant, que telle soit la préoccupation première de celui qui fut un milieu de terrain bien connu en Suisse romande (trois saisons au Lausanne-Sports, deux à Neuchâtel Xamax entre 1975 et 1980). Non, ce qui doit tarabuster davantage le manager déchu, c’est d’avoir accompli la saison de trop à la tête des Rhénans. Quand on dispose d’un budget annuel de quelque 35 millions de francs – plus du double de celui du FC Zurich, à titre d’exemple – et que l’on réalise un exercice «blanc», le couperet tombe sèchement: recrutement raté (à l’image de la pseudo-vedette argentine David Abraham), pas de titre national, pas de Coupe, juste une 2e place au championnat qui donne droit à des éliminatoires chimériques en vue de la phase de groupes de la nouvelle Europa Ligue (ex-Coupe de l’UEFA)... Bye, bye, Mr Gross.

L’année dernière déjà, l’homme évoquait l’envie de se retirer, d’aller voir sous d’autres cieux si la vie était aussi belle que sur les bords du Rhin. Mais un ultime sacre helvétique et quelques dollars de plus le convainquirent de prolonger son bail. Erreur. A ce stade d’usure du pouvoir, les quatre titres de champion national et les quatre Coupes de Suisse amassés en dix années ne comptent plus. Pas davantage que la formidable épopée de l’automne 2002 en Ligue des champions, où Bâle sortit le Celtic Glasgow avant de venir à bout de la Juventus et de tenir Liverpool et Manchester United en échec.

Le monde du football est ainsi fait: il oublie tout très vite. Et ne connaît aucune sorte de reconnaissance du ventre.