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Evidence is pictured ahead of the opening of the trial on the failed kidnapping of French former footballer Fabrice Fiorese in 2012, at a courtroom of the criminal court of Chambery, south-eastern France, on January 11, 2016. / AFP / JEAN PIERRE C...
© AFP

Football

Cinq ans de prison ferme pour un ancien joueur de l’OL

Fabrice Fiorèse et Ghislain Anselmini étaient footballeurs, coéquipiers, amis. L’un a brillé, l’autre est resté dans l’ombre. Jaloux, il a monté une agression avec trois voyous lyonnais

Les histoires d’amitié, dans le football, finissent mal en général. Après l’affaire Benzema-Valbuena dite de la sextape qui est en cours d’instruction, celle du couple Fiorèse-Anselmini, des copains de 20 ans, vient de connaître son épilogue judiciaire à Chambéry (Savoie) avec la condamnation à cinq années de prison pour le second. Elle a fait moins de bruit que le différend entre les deux joueurs de l’équipe de France mais les ingrédients sont les mêmes: l’argent que des intermédiaires tentent d’extirper aux très (ou moyennement) fortunés footballeurs et une méthode peu scrupuleuse pour parvenir à ses fins.

Le 28 septembre 2012, Fabrice Fiorèse (40 ans aujourd’hui), ancienne petite gloire du foot français, resté célèbre pour son transfert mouvementé du Paris Saint-Germain à l’Olympique de Marseille en 2004, est agressé dans sa résidence secondaire à Salins-les-Thermes, en Savoie. Trois hommes cagoulés lui réclament 500 000 euros en liquide qu’il détiendrait chez lui. Ils sont très menaçants: couteau sous la gorge, un revolver braqué. La victime se débat, refuse de céder le moindre centime. Les malfrats l’empoignent et l’obligent à monter dans leur voiture mais Fiorèse, qui à sa grande époque était considéré comme l’ailier le rapide de France, parvient à s’échapper. Grâce à des traces d’ADN trouvées dans l’automobile, les enquêteurs identifient vite Ghislain Anselmini (45 ans), modeste défenseur de l’Olympique Lyonnais et surtout ancien ami de Fiorèse. Ils se sont connus au centre de formation de l’OL, ont joué ensemble à Guingamp (entre 1998 et 2000), ont plus tard entraîné en binôme un club à Saint-Tropez. Des inséparables, jadis.

Dessous-de-table planqué en Suisse

S’il est prouvé qu’il ne se trouvait pas dans la voiture, Anselmini reconnaît avoir été complice du vol car il a renseigné les cambrioleurs sur le montant présumé de la somme et l’endroit où elle pouvait avoir été dissimulée. L’histoire se résume à une trahison entre anciens footballeurs impliquant trois voyous lyonnais. Elle est d’une gravité extrême puisqu’outre l’agression, une tentative de rapt a été instruite. Les auteurs directs de la tentative de vol à main armée et d’enlèvement ont été condamnés à dix années de réclusion. Dans le prétoire de la cour d’Assise de Savoie, à Chambéry, Fabrice Fiorèse a reçu mardi dernier les excuses des «Lyonnais» et a fait part de toute sa rancœur à l’encontre de son ancien ami, «le commanditaire de l’affaire» assure-t-il. «J’en veux surtout à Ghislain qui a appâté les trois autres en leur faisant croire qu’il y avait 500 000 euros alors qu’il n’y en avait en fait que 50 000» a-t-il déclaré.

Cette somme provenait d’un dessous-de-table touché en Suisse par Fiorèse sur la vente de sa résidence principale à Saint-Tropez, pour 1,5 million d’euros. «L’acquéreur varois de son habitation possédait un compte à Genève et la tractation a été effectuée là-bas» confirme Michel Jugnet, l’avocat de l’ancien joueur parisien. Anselmini qui est brouillé avec Fiorèse depuis des années mais a continué à entretenir des relations très suivies avec l’épouse de celle-ci (jusqu’à 50 messages ou appels par jour en 2012) est avisée par cette dernière de l’arrivée imminente de ces 50 000 euros en Savoie. Anselmini aurait alors délibérément gonflé la somme pour convaincre les trois Lyonnais de monter un coup. Pour Jean-François Barre, l’avocat du condamné, «Anselmini a été dépassé par la violence des braqueurs et s’il a bel et bien souhaité le cambriolage il n’a jamais commandité un rapt».

«Immature, instable, cynique et jaloux»

Ghislain dont la carrière sportive n’a jamais décollé a peu à peu développé de l’animosité envers Fabrice. «Il semble immature, instable, cynique, et a été très jaloux de la réussite sportive et de la stabilité familiale de mon client, il a voulu se venger» estime Maître Jugnet. Anselmini en voulait d’autant plus à Fiorèse qu’en 2010 lui seul fut condamné dans une affaire de malversations, où jure-t-il «Fabrice était aussi impliqué», au club de Marcy-l’Étoile près de Lyon où il était éducateur sportif. Pour Ghislain, Fabrice est un manipulateur. Il le fut aussi sur le terrain où il traînait une réputation de simulateur pour obtenir des penaltys. Anselmini a rappelé que Fiorèse avait obtenu en 2004 le Ballon de Plomb, trophée que reçoit le joueur qui rassemble le plus d’opinions négatives. «J’ai été longtemps acculé de dettes et interdit bancaire, Fabrice ne m’a pas aidé, j’ai voulu ce cambriolage mais je n’ai pas voulu faire le moindre mal» a plaidé Ghislain Anselmini durant l’audience.

L’ancien défenseur de Guingamp qui a déjà passé 19 mois en prison a de nouveau été écroué. De son côté, l’ancien attaquant du PSG s’est lancé dans le commerce avec deux magasins de chaussures à Saint-Tropez et un restaurant à Annecy ouvert avec le chanteur Matt Pokora.

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