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 Richard McLaren en conférence de presse, ce 9 décembre. 
© NEIL HALL / Reuters

Dopage

Au CIO, deux Suisses pour traduire le rapport McLaren en sanctions

Publié vendredi, le rapport du juriste Richard McLaren sur les cas de dopages en Russie est édifiant. Des réanalyses d’échantillons devraient être effectuées prochainement

Plus de 1000 athlètes de 30 disciplines différentes concernés. Le Ministère des sports, les services secrets et l’Agence nationale antidopage impliqués. Le rapport final du juriste canadien Richard McLaren, publié vendredi, brosse un tableau édifiant du dopage en Russie. La première partie de son travail, commandé par l’Agence mondiale antidopage, s’était concentrée sur ce qui s’était passé lors des Jeux olympiques de Sotchi, en 2014.

«Le système tel que décrit n’existe plus»

Dans sa version finale, il étend la fraude à toutes les grandes compétitions internationales qui se sont déroulées entre 2011 et 2015. Et «il est impossible de savoir jusqu’où et depuis quand remonte cette conspiration», a expliqué l’auteur lors d’une conférence de presse organisée à Londres, avant de confier à l’AFP que «le système tel que décrit n’existe plus».

Il a également précisé qu’il ne disposait d’aucune preuve de l’implication de Vladimir Poutine. De son côté, le Ministère des sports russe a rapidement démenti «tout programme de soutien du gouvernement pour le dopage».

Le rapport McLaren et les preuves publiées sur Internet ont été anonymisés. «C’est aux fédérations internationales de décider de ce qu’elles veulent faire de ces informations», a souligné le Canadien.

Rétablir la justice sportive

Pour traduire le rapport en sanctions, deux Suisses sont en première ligne au sein du Comité international olympique (CIO). L’ancien conseiller fédéral Samuel Schmid est à la tête d’une commission d’enquête qui s’intéressera aux allégations selon lesquelles la Russie a bel et bien mis en place un système de dopage organisé, tandis que Denis Oswald en préside une dite «de discipline», chargée de «rétablir la justice sportive», décrit l’ancien président de la Fédération internationale d’aviron.

Ces deux commissions ont été nommées le 19 juillet dernier, au lendemain de la publication des premiers éléments du rapport McLaren. «Toutefois, nous attendions sa version finale pour vraiment pouvoir commencer à travailler, explique l’avocat neuchâtelois. Le but de ma commission est simple: elle doit sanctionner les athlètes qui ont bénéficié du système de triche lors des JO de Sotchi, modifier les classements, retirer et réattribuer des médailles si nécessaire.»

Echantillons réanalysés

Le CIO a d’ores et déjà annoncé que les 254 échantillons urinaires de sportifs russes collectés à Sotchi en 2014 seront réanalysés. Pour quand attendre d’éventuelles mesures? «Cela ne se fait pas du jour au lendemain, continue Denis Oswald. Pourtant, il faudra aller vite, car la saison de sports d’hiver a commencé et il est possible que des athlètes impliqués participent à des compétitions.»

Le Neuchâtelois est familier de la procédure. Il préside aussi la commission qui a réexaminé des échantillons prélevés lors des Jeux olympiques de Londres et Pékin, et déjà mis au jour «101 cas de dopage» de manière rétroactive. «Il y en aura encore cinq ou six de plus, concernant les JO 2012», révèle Denis Oswald.


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