A six mois de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été de Tokyo, prévue le 23 juillet après avoir été reportée d’un an pour cause de pandémie, un ministre japonais a admis que «tout peut arriver», alors que le Japon subit une nouvelle vague du Covid-19.

Taro Kono, ministre de la Réforme administrative et personnage clé du gouvernement, n’a pas exclu que les Jeux soient annulés, Tokyo et dix autres départements du Japon étant actuellement en état d’urgence au moins jusqu’au 7 février. «Pour le moment, nous faisons le mieux que nous pouvons pour préparer les Jeux, mais nul ne sait ce qui peut se passer, a-t-il reconnu lors d’une conférence de presse. Tout est possible. En tant qu’hôte des Jeux, nous faisons tout ce que nous pouvons et si tout va bien, nous pouvons avoir de bons Jeux olympiques. Mais le Comité international olympique doit songer aujourd’hui à un plan B, un plan C. La situation n’est pas aisée.»

«Un report est impossible»

Taro Kono est le premier responsable gouvernemental important à prendre publiquement ses distances avec la ligne du premier ministre Yoshihide Suga, qui martèle que le Japon pourra organiser des Jeux «sûrs et sécurisés» comme prévu cet été. En dépit de l’arrivée de vaccins, le soutien de la population nippone aux Jeux a considérablement chuté. Un récent sondage dans l’archipel a montré que 80% des personnes interrogées pensent que les Jeux devraient être reportés une nouvelle fois ou tout simplement annulés.

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Le premier ministre est, lui, convaincu que l’opinion changera d’avis lorsque le Japon commencera son programme de vaccination fin février. Mardi, le président du Comité d’organisation des Jeux, Yoshiro Mori, a estimé qu’il était «absolument impossible» de reporter les Jeux après les lourds investissements financiers et humains entrepris jusqu’ici.

Selon Yoshiro Mori, le Japon devrait déterminer, en fonction de l’évolution de la pandémie, s’il accepte des spectateurs étrangers. «Nous devrons prendre une décision très difficile entre février et mars.»

Conditions strictes pour les athlètes

Vendredi, des médias locaux ont cité la ministre chargée des Jeux olympiques, Seiko Hashimoto, annonçant que le Japon avait décidé de suspendre une dérogation qui permettait aux athlètes étrangers d’entrer dans le pays pour s’entraîner, même durant l’état d’urgence. Les athlètes japonais seront toujours autorisés à revenir dans leur pays, mais ne pourront plus éviter la période de 14 jours d’isolement à leur retour.

«Nous voulons que la priorité soit de sauver des vies, a déclaré Mme Hashimoto. Donc, comme mesure préventive pour éliminer les risques, nous voulons renforcer notre première ligne de défense. Nous prendrons en considération la situation infectieuse dans notre pays et à l’étranger et nous réagirons en conséquence», a-t-elle ajouté.

L’interdiction d’accès des sportifs étrangers non-résidents au Japon devrait affecter les équipes professionnelles de baseball et de football, qui s’apprêtent à commencer leur saison. Le début de la saison du championnat de rugby japonais de Top League a été reporté cette semaine, alors que de nombreux joueurs de plusieurs équipes ont été testés positifs au coronavirus.

Etre strict maintenant pour sauver les Jeux

Le Comité d’organisation des Jeux de Tokyo a cependant souligné vendredi que les dernières mesures antivirus faciliteraient plutôt qu’elles n’entraveraient les préparatifs liés aux Jeux. «Nous pensons que la série de mesures mises en œuvre par le gouvernement du Japon, le gouvernement métropolitain de Tokyo et d’autres autorités départementales contribueront à améliorer la situation, ont déclaré les organisateurs dans un communiqué. Nous espérons que la vie quotidienne pourra revenir à la normale le plus rapidement possible, et nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec toutes les parties concernées dans nos préparatifs pour que les Jeux de cet été se déroulent en toute sécurité.»