Chaque ville candidate – Chicago, Madrid, Rio de Janeiro, Tokyo – a fait l’objet d’une visite de la commission d’évaluation pendant 4 jours, entre le 4 avril et le 8 mai. Ces évaluations sont détaillées sur une vingtaine de pages sur différents plans (transport, hébergement, éloignement des sites, réutilisation des équipements, etc.). Il s’agit donc d’un rapport plutôt technique, qui ne préjuge en rien du vote des délégués du CIO à Copenhague le 2 octobre prochain. Les intérêts politiques jouent un rôle très supérieur aux arguments matériels et d’organisation, on se souvient par exemple qu’en 2005, Londres avait en ce sens un dossier moins bon que celui de Paris.

Nul doute que les états-majors de chacune des villes candidates étudieront tout de même de très près le détail des commentaires qui sont faits dans le rapport de la Commission. Dans ses quatre résumés, la Commission évoque des dossiers «de grande qualité». Le suspense demeure, aucune ville ne semble se dégager clairement des résumés de la Commission. Il reste un mois aux groupes de pression de tout bord pour faire pencher la balance…

Rio de Janeiro

Le rapport souligne le rôle de «catalyseur d’intégration sociale» des Jeux que Rio veut «festifs et transformateurs de la ville, de la région et du pays». «Les Jeux joueraient le rôle de moteur pour la création de nouvelles installations, transports et autres infrastructures et en faveur d’une régénération physique, en particulier des voies d’eau de la ville et des zones de développement clés de Rio». Le CIO a aussi noté un «solide soutien du public». Rio profiterait de son expérience des jeux panaméricains de 2007, et de l’accueil de la Coupe du monde de football de 2014. Subsistent des enjeux de sécurité publique, quelques problèmes d’hébergement et de développement urbain, en raison de la topographie éclatée des lieux.

Madrid

La Commission a bien noté le concept de «Jeux avec une touche humaine»: «L’aménagement concret d’installations et des mesures plus générales en faveur du développement des sports afin d’encourager la communauté à pratiquer un sport et promouvoir l’excellence». Les installations du village olympique par exemple seront réutilisées par la suite comme logements sociaux. Mai le rapport relève un manque de clarté quant aux responsabilités financières de la candidature madrilène, qui relèvent des gouvernements nationaux, régional et municipal. «Étant donné la complexité et la portée actuelles de l’organisation d’une grande manifestation multisportive telle que les Jeux Olympiques, cela pourrait présenter des défis d’ordre organisationnel et financier» dit le rapport.

Chicago

Même souci pour la candidature de Chicago quant au village olympique, qui doit être installé au bord du lac Michigan: «Même si des lettres d’intérêt ont été reçues de la part de promoteurs privés pour livrer le village, au moment de la visite de la commission, aucune garantie de financement intégral n’a pu être fournie.» Argent encore, «pas de financement intégral assuré pour l’instant pour couvrir tout déficit éventuel du COJO (le comité d’organisation), comme il est demandé par le CIO». Le projet dépend dans une large mesure des partenariats publics-privés comme c’est souvent le cas aux Etats-Unis. Autre défi, note le rapport, celui des transports publics, dont la capacité devrait doubler.

Tokyo

Le rapport souligne l’extrême compacité de l’organisation proposée par la capitale japonaise, les transports et transferts étant facilités. Les jeux nippons seraient des jeux très «contemporains», intégrés dans la ville. Revers de la médaille, c’est l’hébergement qui pourrait poser problème: «Les garanties fournies pour l’hébergement en hôtel couvrent seulement la période entre la cérémonie d’ouverture et de clôture. Si cette période ne devait pas être étendue, les groupes de clients devant arriver plus tôt pourraient devoir payer des tarifs considérablement plus élevés». Autre problème, certains sites présentés comme déjà existants restent en fait à construire.