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Novak Djokovic durant son match contre Albert Ramos-Viñolas, le 20 janvier 2018 à Melbourne.
© Mark Cristino/EPA

L’œil du court

La clé est dans la tête de Djokovic

Le Serbe peut-il venir troubler le duo Federer-Nadal à Melbourne? Oui, s’il reste dans la peau de celui qui n’a rien à perdre, estime Marc Rosset dans sa chronique

Avant d’évoquer ceux qui restent en course, un mot sur ceux qui sont déjà partis. Stan Wawrinka et Belinda Bencic ont tous deux gagné un match avant d’en payer le prix au second tour. Pour Stan, le chemin vers la récupération totale de ses capacités est encore long.

Il le sait, mais je pense que le fait d’être allé jusqu’en Australie, d’avoir joué, d’avoir retrouvé l’ambiance des vestiaires va lui faire beaucoup de bien et lui donner du courage. Belinda Bencic, elle, est revenue dans le top 100 en passant par les petits tournois. Il lui a manqué l’habitude du «grand bain» et des matches à haute intensité pour survivre à son bel exploit contre Venus Williams.

Alexander Zverev n’a pas ces excuses. Sur onze participations en Grands Chelems, c’est la dixième fois qu’il ne passe pas la première semaine, alors qu’il est numéro 4 mondial. Physiquement, il n’est pas encore prêt. Pour moi, il est symptomatique de cette «NextGen» que l’on a encensée au Masters M21 à Milan mais qui n’est toujours pas au niveau. A Melbourne, seul le Sud-Coréen Chung est en huitièmes de finale, et je ne pense pas qu’il ira très loin. Je l’ai dit et je le répète, je ne vois pas la nouvelle génération gagner un Grand Chelem cette année.

Deux et demi sur cinq

Je n’inclus pas Grigor Dimitrov dans ce commentaire. Le Bulgare est très bon en Australie, comme l’an dernier où il avait fait une demi-finale exceptionnelle. Il avait ensuite disparu avant de revenir en fin de saison et de gagner le Masters, son plus grand titre pour le moment. Cela va-t-il lui servir de déclic? C’est peut-être le bon moment pour lui. Des cinq «monstres» qui ont dominé les dernières années, il n’en reste actuellement que deux et demi: Nadal, Federer, et Djokovic qui revient.

Rafael Nadal a été un peu mis à mal par Schwartzman – un p… de bagarreur qui court partout – mais il est toujours là, solide, et on ne peut pas l’enlever comme ça de la liste des prétendants à la victoire. Roger Federer aussi est fidèle à lui-même: bon, mais pas non plus exceptionnel. Disons que c’est du Federer de première semaine. Il peut encore améliorer pas mal de choses dans son jeu.

Une question de mental

Reste la grande énigme: Novak Djokovic. Pour le moment, il n’a pas vraiment été testé. Contre Gaël Monfils, c’était quasiment impossible de jouer à cause de la chaleur, et au tour suivant, Ramos-Viñolas était bien trop faible. Djokovic est sérieux, concentré, solide. Si l’on se projette dans l’hypothèse d’une demi-finale contre Federer, un doute subsiste quant à sa capacité à retrouver d’ici là un niveau de jeu qui lui permettrait de batailler et de gagner en cinq sets.

Cela dépendra de ce qu’il a en tête et ce qu’il attend de lui-même. S’il n’attend rien, s’il se met zéro pression, s’il estime qu’il n’a rien à perdre, il peut se libérer et refaire le coup de Federer l’an dernier. Si, par contre, il commence à se dire qu’il joue bien, qu’il peut gagner le tournoi, il risque de se mettre plus de pression, de créer plus d’attentes, ce qui implique d’avoir un niveau de jeu plus élevé pour tenir le choc. La clé, si le match contre Federer a lieu, sera dans l’état d’esprit de Djokovic.

Roger Federer a joué toute la première semaine en soirée et cela a déclenché une petite polémique. «Rodge» l’a rappelé: tous les joueurs demandent à être programmés le soir. Le directeur du tournoi décide en fonction de l’affiche, des vœux des télévisions. Quelque part, Federer a mérité ces avantages. Et dans ce cas précis, les organisateurs ont envie de le voir gagner son vingtième titre du Grand Chelem. Ce serait un événement, et même un événement historique s’il devait ne plus en gagner un autre par la suite.

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