Lâchée par les six clubs anglais, la Super League, compétition privée rivale de la Ligue des champions a perdu, mardi, la moitié de ses fondateurs, impuissants face aux menaces des instances du football et au tollé des supporters.

Manchester City a été le premier à céder, annonçant dans un communiqué avoir «formellement lancé la procédure pour se retirer du groupe chargé de développer le projet de Super League européenne». Les cinq autres clubs anglais ont suivi: Tottenham, Liverpool, Manchester United et Arsenal dans un premier temps en fin de soirée, suivi deux heures plus tard par Chelsea qui, dans son communiqué a constaté que «sa participation (à ce projet) ne servirait pas les intérêts du club, de ses supporters et de la communauté élargie du football».

«Nous avons fait une erreur et nous nous excusons pour cela», a de son côté reconnu Arsenal dans un communiqué, résumant en une phrase ce que les supporters, les instances et les gouvernements s'évertuaient à faire remarquer depuis deux jours.

Un remodelage annoncé

Face à ces désistements, les créateurs de la Super League ont annoncé mercredi qu'ils allaient «reconsidérer les étapes les plus appropriées pour remodeler le projet». La Super League, basée en Espagne, s'est malgré tout redite «convaincue» que sa proposition «est entièrement alignée avec le droit européen», et que «le statu quo actuel du football européen doit changer».

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L'organisation dissidente ne précise en revanche pas concrètement de quelle manière elle compte «remodeler» son projet, ni n'indique si ce sera au sein des instances comme l'Union européenne du football (UEFA) ou toujours en dehors.

Les six autres clubs initialement engagés (Real Madrid, Barcelone, Juventus Turin, AC Milan, Atlético Madrid, Inter Milan) n'ont de leur côté pas pris position depuis les défections de leurs alliés initiaux.

Des défections saluées

Un retournement de situation incroyable venu soulager le président de l'UEFA Aleksander Ceferin, qui s'est dit «ravi d'accueillir le retour de City dans la famille du football européen», dans une déclaration transmise à l'Agence France Presse (AFP) avant les défections des autres cadors de la Premier League.

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«La décision, par Chelsea et Manchester City est -si elle est confirmée- absolument la bonne, et je la salue», écrivait le premier ministre britannique Boris Johnson sur Twitter, peu avant le communiqué des Citizens. «J'espère que les autres clubs impliqués dans la Super League européenne vont suivre cette initiative», a-t-il ajouté, promettant d'employer tous les moyens contre la Super League, «y compris l'option législative».

Dans la soirée, plusieurs centaines de fans de clubs anglais avaient bruyamment manifesté leur désapprobation aux abords du stade Stamford Bridge de Chelsea, à Londres.

Les menaces de l'UEFA 

L'UEFA, qui défend de son côté sa propre réforme de la Ligue des champions, traditionnelle compétition des clubs du Vieux continent depuis 1955, avait tiré lundi à balles réelles sur ces «serpents», «guidés uniquement par l'avidité», des mots d'Aleksander Ceferin.

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Celui-ci n'avait pas hésité à menacer les douze dissidents de représailles draconiennes, comme l'exclusion de ces clubs de toutes les compétitions nationales et internationales, brandissant même un Euro ou une Coupe du monde sans les joueurs internationaux évoluant dans ces équipes. Mais il les avait aussi exhortés à «changer d'avis» après «une énorme erreur», une démarche couronnée de succès dans la soirée.

Le président de la Fifa Gianni Infantino était lui aussi venu au secours d'un foot européen bouleversé, en réitérant son opposition à ce «club fermé». «Soit vous êtes dedans, soit vous êtes dehors», a-t-il lancé mardi matin lors du congrès de l'UEFA à Montreux (Suisse).

La Super League semblait avoir anticipé ce tollé et ces menaces. Elle avait même remporté mardi une première victoire judiciaire en obtenant d'un tribunal de commerce de Madrid une décision susceptible de geler provisoirement toute sanction la concernant.

Avec une réunion prévue vendredi du Comité exécutif de l'UEFA, la question de l'exclusion des clubs «mutins» restait néanmoins sur la table, en particulier pour l'édition actuelle de la Ligue des champions, dont le dernier carré comprend trois clubs concernés (Manchester City, Chelsea et le Real Madrid).