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C’est avec «l’autorisation» du Borussia Dortmund que Sven Mislintat est devenu en novembre le nouveau chef scout d’Arsenal.
© TF-Images/Getty Images

Football

Les clubs ne se piquent pas que des joueurs

Pour combler leur retard sur les meilleurs, les nouveaux riches de la Ligue des champions recrutent des compétences bien au-delà du terrain. Depuis deux mois, cet étonnant mercato s’est emballé

Un grand club, ce n’est pas juste un trio d’attaquants tous candidats au Ballon d’or. C’est, partout, à tous les niveaux, dans tous les secteurs, même le plus anodin, le plus haut degré de compétence et d’exigence. Et même si, au bout du compte, c’est quand même le trio de stars qui fait la différence sur le terrain, ces grands joueurs n’ont aucune chance de signer quelque part s’ils ne sont pas sûrs d’y retrouver, à tous les échelons, cette compétence et cette exigence.

Un marché des transferts

A Arsenal, qui est un grand club, les effectifs sont passés en vingt ans sous Wenger de 80 à 600 salariés. Au Lausanne-Sport, qui ambitionne de devenir un bon club, Fabio Celestini ne cache pas qu’à choisir, il préférerait engager trois entraîneurs de plus pour renforcer son équipe plutôt que trois joueurs.

Lorsqu’un joueur découvre un grand club, comme Stephan Lichtsteiner la Juventus de Turin, ce n’est pas la qualité des entraînements qui l’impressionne le plus, mais celle de l’intendance, des infrastructures, de l’organisation.

Lorsqu’il a rejoint Manchester City, Pep Guardiola a retrouvé deux proches partis en éclaireurs, Ferran Soriano et Txiki Begiristain, respectivement président délégué et directeur sportif des Skyblues. Lorsqu’il a quitté le FC Barcelone cet été, Neymar n’a pas caché sa rancœur vis-à-vis d’une partie de l’encadrement blaugrana. «Ces gens ne devraient pas être au Barça. Barcelone mérite plus, et tout le monde le sait.»

Ces professionnels de l’ombre, aussi discrets qu’influents, animent depuis environ deux mois un étonnant marché des transferts. Comme celui des joueurs, ce mercato des cerveaux est alimenté par les nouveaux riches de la Ligue des champions, qui débauchent dans des clubs plus institutionnels les compétences qu’ils n’ont pas le temps de former. Aujourd’hui, les clubs ne se piquent pas que les joueurs.

Community manager

Le 2 novembre, le PSG a annoncé le recrutement de Russel Stopford, ancien directeur digital du FC Barcelone. Ce diplômé d’Oxford était arrivé au printemps 2016 en Catalogne après avoir travaillé au sein de l’équipe numérique de Manchester City.

Charge à lui de «piloter la stratégie de développement du club sur l’ensemble des plateformes digitales avec pour objectif d’optimiser la diffusion et la monétisation des contenus à l’international». Le PSG veut augmenter son influence sur les réseaux sociaux où il ne compte «que» 40 millions d’abonnés cumulés (dont 32 millions sur Facebook). A lui seul, Neymar compte 35,8 millions de followers sur Twitter (@neymarjr) et 60 millions d’abonnés sur Facebook.

Directeur commercial

Le Barça a également perdu récemment son directeur des partenariats internationaux, Juli Ferré Nadal. Ce polyglotte passé par la FIFA et la FIBA a signé début décembre à l’AS Monaco, qui souhaite augmenter ses revenus commerciaux et se développer à l’international. En cinq ans au Camp Nou, les revenus internationaux du Barça ont doublé mais, selon la presse espagnole, l’arrivée d’un nouveau sponsor asiatique a renforcé le poids de la division asiatique basée à Hongkong au détriment de sa propre influence.

Directeur sportif

A l’AS Monaco, il n’y a pas que les jeunes talents qui s’envolent ailleurs. Depuis 2016, le club de la Principauté a vu partir trois directeurs sportifs: le Portugais Luis Campos (aujourd’hui à Lille), le Français Claude Makélélé et l’Espagnol Antonio Cordon (qui dirige aujourd’hui trois clubs, Granada, Parme et le Chongqing, tous propriété d’un milliardaire chinois).

Fin novembre, l’ASM a confié le poste au Nigérian Michael Emenalo, qui occupait encore un mois plus tôt la même fonction à Chelsea. Sa mission: stabiliser le club et poursuivre sa très rentable politique de post-formation. Arrivé en 2007 à Chelsea comme simple scout, Emenalo a ensuite gravi rapidement les échelons, devenant entraîneur adjoint d’Ancelotti, puis directeur technique chargé du recrutement et du centre de formation.

Chef scout

C’est avec «l’autorisation» du Borussia Dortmund que Sven Mislintat est devenu en novembre le nouveau chef scout d’Arsenal. Selon la presse allemande, le club londonien aurait tout de même versé une indemnité de 1,5 à 2 millions d’euros à Dortmund pour son chef recruteur. Elément clé de la réussite du BvD (il a fait venir pour pas cher Robert Lewandowski, Pierre-Emerick Aubameyang et Ousmane Dembélé), il devenait encombrant pour l’entraîneur Tomas Tuchel. Un schéma classique lorsque l’homme de l’ombre commence à prendre la lumière.

Négociateur

Arsenal ne s’est pas arrêté en si bon chemin puisqu’une semaine plus tard, les Gunners annonçaient le recrutement de l’ancien directeur sportif du Barça Raul Sanllehi, avec le poste de directeur des affaires sportives. Ancien de Nike, Sanllehi était devenu le négociateur en chef à Barcelone. Son influence dans le transfert de Neymar en 2013 lui avait valu une autorité qu’il semble avoir perdue depuis. Malgré ces efforts cet été, Neymar est parti au PSG et le Niçois Jean-Michaël Seri n’est pas venu. Un désaveu dont il a tiré les conclusions.

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