Imaginez un «111» du sport régional renseignant les habitants de différentes communes, regroupées afin de partager leurs infrastructures sportives. Dès janvier 2005, cette perspective deviendra réalité dans le district de Vevey où un projet pilote a été mis en place, suite aux encouragements de la Confédération. L'Office fédéral du sport entend en effet encourager la création de réseaux d'activité physique et de sport et soutenir les communes, les villes et les régions disposées à servir de modèles.

Ainsi, les dix communes du district de Vevey ont décidé de se doter d'une structure collective pour la gestion sportive de la région, convenant d'une mise à disposition réciproque de leurs infrastructures. Dès à présent, les communes cotisent à un fonds commun avec, entre autres projets, la création d'un terrain de football intercommunal. A terme, 170 sociétés sportives (soit 50 disciplines et 12 000 membres) disposeront d'un libre passage sur l'ensemble du district. Au besoin, une équipe veveysanne de basketball pourrait ainsi s'entraîner à la Tour-de-Peilz.

Trois communes (Vevey, Montreux et La Tour-de-Peilz) ont souhaité élargir cette collaboration: à partir de janvier 2005, un site internet (sportinforiviera.ch) et un bureau d'information (0840 201 400) renseigneront les habitants sur les loisirs sportifs de la région (clubs, manifestations, camps de vacances, questions de santé, etc.). Innovation majeure: une base de données informatisée, accessible aux sociétés sportives, permettra d'harmoniser les calendriers et d'optimiser l'attribution des installations. Ce projet, budgété à hauteur de 100 000 francs, est financé conjointement par l'Ofspo (30 000 francs), le Service de l'éducation physique et du sport (SEPS) du canton de Vaud (15 000 francs) et les trois communes concernées. «L'engagement et le soutien de l'Ofspo ont donné du poids à notre projet vis-à-vis des politiciens régionaux, qui l'ont alors soutenu», explique Jean-Marc Bryois, délégué aux sports à la ville de Vevey, en charge du projet sportinforiviera. «Cette collaboration a des implications très concrètes, souligne ce dernier. On est loin des beaux discours sans lendemain.»

Quid des autres cantons? «Les communes se rapprochent spontanément lorsqu'elles y trouvent chacune leur intérêt», constate Alain Rutsche, secrétaire général adjoint de l'Association des communes genevoises. A témoin, le regroupement intercommunal des communes des Trois-Chênes, qui ont cofinancé le centre sportif Sous-Moulin (complexe de 96 000 m2, regroupant une piste d'athlétisme, des terrains de football et de tennis, ainsi que des halles omnisports) et qui en assument les frais d'exploitation. «La ville de Genève a pour habitude d'ouvrir ses installations aux autres communes», ajoute Alain Rutsche.

Fribourg sur la bonne voie

«Dans le canton de Fribourg, les gens se sont rapprochés naturellement, par secteurs sportifs. Et le taux d'occupation des infrastructures avoisine 100%», affirme Bernard Dafflon, professeur à l'Université de Fribourg et spécialiste des fusions de communes. Il ajoute que «la collaboration au niveau sportif a favorisé le développement d'un esprit régional, entraînant des fusions de communes dans le canton. En revanche, les grands projets intercommunaux (création de terrain de football, etc.) peinent à s'organiser, car ce processus «de bas en haut» a ses limites», conclut le professeur. D'où l'intérêt de l'initiative de l'Ofspo, encore méconnue.