Football

Les clubs suisses sont modestes mais en bonne santé

Dans son rapport annuel portant sur l’exercice 2015/2016, la Swiss Football League se félicite d’une bonne gestion globale

C’est bientôt la fin d’année et déjà l’heure des bilans. En conclusion de son assemblée générale le 11 novembre dernier, la Swiss Football League (SFL) a publié son rapport pour la saison 2015/2016. Le ton est à la satisfaction générale.

La SFL estime que les 20 clubs des deux ligues professionnelles, Super League et Challenge League, sont globalement bien gérés. Ces cinq dernières années, les clubs ont augmenté le coût des salaires de 64%, ce qui est perçu comme un signe de développement. Les recettes ont d’ailleurs progressé de 62% sur la même période. La balance commerciale des transferts est positive, avec plus de ventes que d’achats.

La Super League est désormais visible dans 45 pays dans le monde. Le nouveau contrat négocié pour les droits de retransmission télévisée reste modeste en comparaison internationale mais il garantira à compter de la saison 2017/2018 un bonus d’un million de francs à chaque club de Super League: de 3,3 millions pour le FC B… heu pour le champion, à 1,8 million pour le 10e et relégué.

La SFL se félicite également de la bonne réputation de la Super League à l’étranger. L’élite helvétique ne peut évidemment pas rivaliser avec le «Big 5» mais les recruteurs étrangers sont sensibles à ce championnat qui donne une chance aux jeunes (8,6 joueurs de moins de 21 ans en moyenne par club, le plus fort taux européen après l’Ukraine). Dans les effectifs des championnats italien, allemand, anglais, espagnol et français, on trouve 42 joueurs formés en Suisse, plus qu’en Belgique (41).

Bien que «le procédé d’octroi des licences [de la SFL] jouisse d’une bonne réputation dans toute l’Europe», le football suisse a vécu en 2016 la faillite du FC Bienne. C’est le seul événement considéré par le président de la SFL Heinrich Schifferle comme «fâcheux», avec… la relégation du FC Zurich. Nous y aurions volontiers ajouté ce reliquat important et quasi anachronique du hooliganisme en Suisse, même si le nombre de cas présentés devant le juge de l’ordonnance disciplinaire en matière de sécurité est stable (173 cas).

Le spectacle, une nécessité

Le football de clubs suisse tient à son 12e rang européen, que lui contestent la Turquie, la Croatie ou la Grèce, car il garantit une qualification directe du champion national pour la phase de poule de la Ligue des Champions. La SFL est schizophrène puisque dans le même temps, elle regrette que le fossé entre la Ligue des Champions (12 millions de francs garantis pour chaque club participant) et la Ligue Europa (2,4 millions minimum) creuse un peu plus le gouffre entre le FC Bâle et les autres. En 2015/2016, le FC Bâle a battu trois records: plus grand nombre de titres consécutifs (7), titre le plus précoce (à 5 journées de la fin), plus grand nombre de journées passées en tête du classement (35 journées sur 36 possibles).

Comment garder un championnat national compétitif et intéressant? En travaillant avec l’ASF sur la formation, en poussant les clubs à toujours plus de sérieux et de professionnalisme et en aidant les techniciens à améliorer le jeu. Le niveau de jeu est bon, estime le rapport, en contradiction avec l’avis de nombreux techniciens, y compris de l’ASF, qui fustigent le travail médiocre effectué par la plupart des contradicteurs du FC Bâle et du FC Zurich.

La qualité du spectacle est une nécessité vitale: nulle part ailleurs la part de la vente de billets (35% des recettes) n’est aussi importante qu’en Suisse. En creux, cela signifie que le merchandising et l’accueil VIP restent embryonnaires. La SFL veut introduire l’obligation de pelouses chauffantes pour éviter les terrains gelés mais n’envisage pas de ne plus jouer l’hiver. La saison dernière, 6 matchs ont été reportés à cause de la neige.

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