Deux Championnats du monde plus tard, on constate que la boxe poids lourds ne se porte pas si mal, tout en évitant de prétendre que le duel de samedi à Zurich fut un modèle du genre. Techniquement, on a pourtant vu un splendide perdant en la personne du vétéran Holyfield, toujours aussi pointu côté gamme de coups.

Une semaine auparavant, un vrai champion du monde s'est fait admirer à Mannheim, contre Hasim Rahman: Vladimir Klitschko, 32 ans, 199 cm pour 111 kg, carrure qui n'empêche pas l'Ukrainien de boxer «à la Ali», mobilité extrême et jabs pistons puisés chez l'icône du noble art. Il y aussi son frère aîné, Vitali, de retour aux affaires et qui avait disputé, en 2003, le plus beau combat poids lourds de la décennie face à l'immense Lennox Lewis. Lequel parle aussi de remonter sur le ring, comme Riddick Bowe vient de le faire, également à Mannheim. Bowe, autre monstre sacré, 15 kg de trop mais l'œil toujours acéré. Non, la catégorie dite reine n'agonise pas, loin de là.

Deux bactéries l'atteignent néanmoins dans sa santé. D'abord, son manque de visibilité télévisuelle depuis que les chaînes à péage et le «pay per view» se sont approprié le gâteau. Ensuite, la division de ses ceintures mondiales en cinq fédérations, chacune voulant sa part d'audimat et de pub. Afin d'effacer cette gabegie, il reste à unifier le titre planétaire. Et là, on repense à un mousquetaire nommé Vladimir Klitschko...