Sans mal jouer vraiment, sans souffrir de la moindre comparaison, Patty Schnyder a perdu devant la Française Nathalie Déchy (6-7 6-1 7-5). Il n'y a rien de déshonorant, bien sûr, à quitter un tournoi du Grand Chelem en quart de finale. Il n'y a rien de très absurde non plus. Mais il y a une forme d'incongruité, à ce niveau d'exaltation, que de s'incliner devant des talents moindres, non en raison d'une défaillance, mais faute d'avoir osé, d'avoir tenté, et de n'en concevoir à la fin qu'«une certaine déception».

Sa passivité dans les instants charnières a eu raison de Patty Schnyder. Repli vers l'ordinaire, vers de menues anxiétés et une apologie du risque zéro. Bien campée sur son personnage de Heidi des faubourgs, la Bâloise a râlé, pesté, palabré et, finalement, oublié ce qu'elle était venue chercher à l'autre bout du monde: un sacre en Grand Chelem, cet objectif qu'elle avait claironné avec une si belle présomption.

Fâchée avec son passé, avec ses parents, ses sponsors et la presse alémanique, Patty s'est façonné un cocon autour de son idylle avec le sulfureux Rainer Hoffmann. Elle a suffisamment d'atouts dans sa main gauche pour ne pas se repaître d'accessits. Dommage que personne ne l'ait mise au courant.