La baffe est cruelle. D'autant plus cruelle qu'ils n'ont pas tendu les joues, les p'tits Suisses. Ils se sont battus avec rage et plaisir, cette notion devenue si rare dans le sport professionnel mais que Marc Rosset véhicule. Ils ont rendu coup pour coup avant de céder face à un adversaire froid, solide.

On leur avait demandé, en l'absence de leur génial pote, «Rodg'» comme ils disent, de prendre leurs responsabilités. D'oser, de se sortir les tripes, de se mettre en lumière, d'apprendre. D'adresser, aussi, surtout, un message au numéro 1 mondial. Comme pour lui dire: «Reviens-nous vite, nous avons de grandes choses à faire ensemble.» On le leur avait demandé, ils l'ont fait. Ils ont perdu, mais ils l'ont fait.

La baffe est encaissée. Et derrière la déception se niche le sentiment qu'une équipe est née dans la douleur. Stanislas, Marco, Yves et George seront tentés, par expérience, de jouer un autre rôle que celui du perdant magnifique. L'expérience… C'est elle qui a fait défaut ce week-end à Fribourg. La prochaine fois, ils en auront davantage. Elle servira au mois de septembre, quand il s'agira de sauver sa peau lors d'un barrage qui pourrait s'apparenter à un traquenard.

Par leur engagement, les bizuts helvétiques ont adressé un message à Roger Federer. Il serait juste que celui-ci leur réponde en contribuant à éviter une relégation qui ressemblerait à une catastrophe. Et à la fin d'une belle aventure: celle qui vient de commencer.