Aujourd'hui, un sportif célèbre au repos, ça ne tape plus le carton, ça ne tricote plus. Ça court se faire des mèches (footballeur) ou poser comme Claudia Schiffer (tenniswoman). Les nouveaux Narcisse, ce sont les athlètes, ces exhibitionnistes qui ne ratent plus une occasion de faire sauter le Wonderbra ou de fêter une Coupe du monde à moitié nus, sur un char de Love Parade. Avec toutes ces mini-combinaisons moulantes, le sport devient intéressant, vraiment.

Maintenant, regardez sur cette page la tenue des Suisses pour Sydney. Non, ne tournez pas la tête, courage! Horribles, les couleurs choisies par le designer Joseph Alain Scherrer. Un gris patte-mouille, (mal) marié à un rouge sans feu. Alors que les JO célèbrent des corps cool qui dépassent leurs limites, les couleurs suisses renvoient au monde borné de l'usine et du travail à la chaîne. Le bermuda féminin épaissit la cuisse. L'anorak (pas sur la photo) est trop long pour flatter la taille, et trop court pour donner de l'allure. Et les fesses des filles, et celles des garçons, vous les voyez? Non? Normal, quelqu'un a escamoté les fesses sous les blousons. Alors que ce qu'il y a de plus intéressant, chez un(e) sportif/ve, outre ses yeux, c'est son derrière.

La Suisse est un des pays où l'invention textile est la plus avant-gardiste. Sydney sera la capitale des corps sensuellement glorifiés. Et nos athlètes vont s'y rendre attifés comme des employés d'arsenal. Déshabillons-les!