Tout peut changer très vite en ce bas monde, la météo y compris. Le bulletin atmosphérique de l'Euro 2008 annonçait, il y a trois semaines encore, un ciel orageux et chargé d'embrouilles sur la Suisse. Gelé, le dossier du stade du Hardturm avait jeté un méchant froid. Soucieuse de se couvrir, l'UEFA brandissait alors, en guise de séisme suprême, l'éventualité de retirer purement et simplement l'organisation du tournoi à une Helvétie placide, ainsi qu'à une Autriche contrite. Elle passe maintenant aux dirigeants de l'ASF de la pommade autobronzante.

Le coup de tonnerre n'aura, a priori, pas lieu. Le projet de rénovation du Letzigrund, échafaudé en coup de vent, a bien dégagé le ciel. Jusqu'à quand? L'anticyclone ne s'avérera durable que si le peuple zurichois le veut bien. Ainsi va le système: en juin prochain, les urnes livreront leur verdict. Il en jaillira un éclair salvateur. Ou une foudre impitoyable.

Alors, entre le noir catastrophisme d'hier et l'optimisme béat d'aujourd'hui, où se trouve la vérité? Sans doute à mi-chemin. Celui que doit encore parcourir la Suisse pour s'acquitter honorablement – voire mieux si entente – d'une tâche qui dépasse largement les frontières du sport est encore long. Et incertain. Un peu comme la météo.