«Le CIO n'est ni une organisation politique ni une ONG, mais une instance sportive dont la responsabilité consiste à faire en sorte que les athlètes bénéficient des meilleurs Jeux possible.» Signé Jacques Rogge, président du Comité international olympique. Certes. Et l'on donnera acte au chirurgien belge de la réussite des Jeux de Pékin, malgré les critiques qui fusèrent contre eux. Au plan purement sportif, attribuer les JO 2008 à la Chine fut donc une bonne décision. Il n'en demeure pas moins que l'aspect politique prend toujours plus d'amplitude dans les travaux du cénacle olympique. Cela depuis le début de l'ère Samaranch (1980), soit au moment où les Jeux sont devenus très rentables pour les villes et pays organisateurs, en termes d'image planétaire sinon de gros sous. Voilà près de trente ans que le CIO ne distribue plus ses joutes quadriennales à d'aimables prétendants dépourvus d'aura. Sarajevo 1984 à la sortie du titisme, Séoul 1988 au cœur de la révolte estudiantine, Sydney 2000 histoire de recaler Pékin - elle-même victorieuse plus tard -, Londres 2012 au détriment de Paris, Sotchi 2014: autant de choix marqués par la politique. Des choix qui portent très souvent l'empreinte d'hommes d'Etat à l'influence grandissante. Avec Barack Obama, Lula, le roi ou la reine d'Espagne et le premier ministre japonais en «guest stars», l'élection pour 2016 s'inscrit de plain-pied dans cette logique.