L'Association suisse de football (ASF) chapeaute les trois sections qui la composent: la ligue nationale, la première ligue et la ligue amateurs. Cette organisation, qui répondait à la réalité historique des années 50, n'avait pas eu vraiment de raison de subir de modifications. Jusqu'à la fin des années 80. Depuis dix ans par contre, le football international s'est radicalement métamorphosé: transformation des clubs en sociétés anonymes, merchandising, pouvoir des télévisions, compétitions toujours plus lucratives…

De fait, dans tous les pays qui nous entourent, la séparation entre monde professionnel et amateur est non seulement claire, mais en plus l'élite est la locomotive de tout le mouvement. En Suisse au contraire, il subsiste un système tricaméral anachronique et de plus, au sein de l'ASF, la ligue nationale est représentée de façon disproportionnée (28 voix sur 101) à son importance économique. Le président sera élu par les délégués dans ce contexte particulier.

Autant dire que les deux candidats du monde professionnel – dont les enjeux sont aujourd'hui les plus importants – ne partent pas en position de force. Pire même. Les candidats du monde amateur, dont le président sortant, Me Mathier, est issu, se retrouvent à nouveau favoris.