N'en déplaise au président Gilbert Facchinetti, le temps des poignées de main entre hommes d'honneur est révolu. Aujourd'hui, on parle «chiffres» et «parts de marché», même si la recette n'est pas toujours couronnée de succès. Les pertes astronomiques de Grasshoppers l'année dernière en témoignent.

Cette logique a amené hier Marc Biver et derrière lui tout le groupe IMG à renoncer à investir dans Neuchâtel Xamax. Une logique froidement rationnelle. Mais elle se justifie par le fait que l'on ne joue pas avec l'argent. Surtout lorsque le sport est un métier. Une logique aussi que ne doit pas connaître Gilbert Facchinetti qui s'accroche à son club avec l'énergie du désespoir.

A première vue, cette décision ressemble à tous les refus essuyés par le club neuchâtelois ces derniers mois. Avec un peu de recul, sa lecture est bien plus alarmante. Car l'affaire n'a pas capoté pour des raisons de crédibilité du repreneur. Cette fois, c'est bien le club et son environnement qui sont en cause. Le verdict est sans appel: la région neuchâteloise est trop faible économiquement pour soutenir un club aux ambitions raisonnables, même au niveau suisse.

Probablement que les dirigeants xamaxiens vont repartir à la chasse. Mais cette fois, ils traîneront un boulet de plus. Pour séduire le prochain partenaire potentiel, il faudra d'abord le convaincre que l'analyse d'IMG est fausse. Mardi, l'avenir de Neuchâtel Xamax s'est encore assombri.