Sur les terres de Harry Potter, un autre sorcier, bien réel, s'est invité hier. Son nom est Roger Federer, il est suisse, et préfère le tennis au quidditch. Dans son jardin préféré, celui où voici deux ans il a vaincu l'idole Sampras, Federer a réussi hier une performance d'une qualité inouïe, face à un adversaire qui n'a rien lâché, mais qui a subi une correction. Fin connaisseur, le public n'a pas manifesté sa frustration devant la brièveté des débats, mais son enthousiasme face à ce prestidigitateur à queue de cheval qui met une classe telle dans ses coups que l'on croirait retrouver les grands maîtres d'antan – la force d'aujourd'hui en plus. Voilà de quoi faire taire les grincheux qui n'aiment pas le gazon, et diminuer la crédibilité des McEnroe, Becker et consorts, qui plaident pour une diminution de la surface des raquettes, sous prétexte que le tennis est menacé d'ennui. Titre ou pas dimanche, Federer aura mis de la magie dans Wimbledon. C'est déjà une consécration.