L'arrivée de The Race fut digne d'un spectacle hollywoodien. Le public a répondu présent, donnant l'occasion à Bruno Peyron de se féliciter d'avoir réussi son pari. Et d'insister sur le fait que les Marseillais avaient pris conscience qu'ils étaient en train d'accueillir les marins les plus rapides de la planète. Certes. Il reste toutefois des zones d'ombre autour d'une course du Millénaire qui a suscité une vive polémique l'automne dernier.

Le navigateur baulois, «Monsieur The Race», a mis en place depuis plusieurs années une stratégie de communication. Aujourd'hui, on constate qu'il avait les yeux plus gros que le ventre. Car cette course, qui devait réunir les dix marins les plus talentueux de la planète sur des bateaux extrêmes, est péniblement parvenue à aligner six catamarans, dont deux de l'ancienne génération. Le projet le plus fou a donc été coulé avant même le coup de canon.

Toutefois, un pas technologique a été franchi. Un tour du monde en 62 jours, des vitesses incroyables, des records… Pourtant, la bagarre escomptée n'a pas eu lieu. Ou seulement jusqu'à ce que l'un des bateaux se plante dans une vague. «Il a poussé trop loin», diront organisateur et architecte pour justifier une avarie structurelle.

C'est finalement un des trois bateaux jumeaux conçus par l'architecte français Gilles Ollier qui l'a emporté. Comme par hasard, celui qui a eu le plus de temps et d'argent. On ne refait pas l'histoire. Ces 13 marins ont du mérite. Ils ont réalisé quelque chose d'exceptionnel. Une nouvelle dimension de la voile est née. Mais que certains aient l'ambition plus modeste.