Au lieu d'envisager l'éventualité – certes absurde par les temps qui courent… – que certains de leurs coureurs puissent carburer à autre chose qu'à la vitamine C, les dirigeants de Phonak, flanqués de leurs conseillers scientifico-juridiques, s'évertuent, si l'on ose dire ainsi, à démontrer que la lutte antidopage n'est pas propre. Ils guettent le vice de forme. Sans s'attarder sur la forme du vice. Le monde à l'envers, en somme.

Le boss Andy Rihs est un véritable passionné de cyclisme, personne n'a de raison d'en douter. Et tout le monde souhaite ne jamais en découvrir une. Son enthousiasme sincère, quoique dopé par d'évidents intérêts commerciaux, confine à la foi. Une foi en même temps si belle et si dangereuse. Une foi qui aveugle, surtout dans un milieu où fermer les yeux a longtemps fait office de tradition.

L'état-major de la formation zurichoise se réunit ce lundi. Pour discuter. Trouver le moyen ultime de sauver la face. Ou alors, qui sait, rêvons un peu… Ou alors saisir l'opportunité d'ouvrir enfin les yeux, d'avancer à visage découvert. Phonak doit maintenant se regarder dans la glace. Car personne ne réfléchit mieux qu'un miroir.